La Région L.-R. veut mettre de l’innovation dans l’écoconstruction

Organiser et rendre performante la filière encore naissante de l’éco-construction en L.-R. : c’est le but de la matinée qui s’est tenue ce mardi 20 mars, à l’initiative de la Région L.-R., en présence des acteurs de l’acte de bâtir (FFB, UPA et Capeb) et de l’innovation (Ecole des Mines d’Alès, Transferts L.-R.).
La remise à niveau énergétique du parc de logements anciens représente un potentiel de 10 000 emplois en L.-R. d’ici à 2015, a rappelé Raphaëlle Vienot, directrice de l’Environnement de la Région L.-R. Le secteur du bâtiment (résidentiel et tertiaire) est le second secteur le plus consommateur d’énergie (39 %) et émetteur de gaz à effet de serre (30 % des émissions énergétiques) en LR. L’attention se porte en priorité sur le confort thermique (chauffage et rafraîchissement) qui représente 55 % des consommations d’énergie des bâtiments, et jusqu’à 70 % dans le résidentiel.
« Il faut imaginer les bâtiments du futur, c’est un enjeu important, a déclaré Jean-Claude Depoisier, président de la FFB L.-R. Les entreprises sont obligées d’innover. Il y a une triple évolution : technique, culturelle et de marché. Technique, tout d’abord : nous passons d’une logique de moyens à une logique de performance. Nous devons intégrer dans nos savoir faire la pose de panneaux photovoltaïques, les nouveaux concepts d’isolation. Evolution culturelle, ensuite : une offre globale apparaît, ce qui est un changement par rapport à la culture des corps d’état séparés ; Evolution de marché, enfin : les clients sont mieux informés, et plus demandeurs. »
D’après lui, la mise en œuvre de la rénovation énergétique et la lutte contre les logements insalubres, l’accessibilité des bâtiments aux PMR et aux personnes âgées, la promotion des bonnes pratiques environnementales sur les chantiers (recyclage et tri des déchets) sont « des opportunités extraordinaires de marché, pas des contraintes ».
La rénovation énergétique du parc ancien, enjeu des 40 prochaines années
Pour Patrick Issaly, président de la Capeb L.-R., la réhabilitation énergétique est « un enjeu très fort pour les 40 prochaines années en L.-R. 1 550 000 logements situés dans la région sont considérés comme énergétiquement précaires ». Les défis à relever se situent, d’après lui, sur quatre axes :
- efforts de recherche en innovation : créer des matériaux spécifiques à la rénovation.
- remettre les filières courtes et les matériaux traditionnels (pierre, terre, sable, lauze, bois, paille, chaux) au centre. « De nouvelles techniques doivent être mises en œuvre. La production de ces matériaux industriels doit être industrialisée pour en baisser les coûts. »
- déconstruction / reconstruction. « Avant de jeter, il faut penser à identifier ce qui peut être réutilisé. »
- anticiper les enjeux en termes de gestion des compétences, d’emplois, de formation.
L’écorénovation implique, selon lui, « un seul interlocuteur, qui explique au client, gère le chantier et l’achèvement des travaux. Le modèle de l’artisanat est en difficulté. Il faut le revoir. Si on ne se regroupe pas, des marchés vont nous glisser entre les doigts. » Pour Lionel Abassi, plombier chauffagiste dans le Gard, « le label écoartisan m’apporté des chantiers supplémentaires ».
Matériaux, environnement, logiciels : l’EMA s’implique
Alain Dorison, directeur de l’Ecole des Mines d’Alès, a souligné l’implication de l’établissement dans la conception et le management de la construction, le bâtiment durable et les ENR : formation d’ingénieurs par apprentissage ; DUT ou BTS - 40 apprentis / an ; secteurs d’emplois : construction, bureaux d’études, de contrôle, d’expertise ; cabinets d’architecte ; organismes de gestion ; assurances ; conception, fabrication, installation des systèmes à l’EnR. Exemples concrets : matériaux (bétons et polymères : écoconception, durabilité, recyclage, propriétés), environnement (qualité de l’air intérieur), logiciels (gestion de l’énergie).
Anne Lichtenberger, directrice de Transferts L.-R., a présenté des solutions technologiquement innovantes dans le domaine de l’écoconstruction, à travers trois entreprises qui ont déjà déposé des brevets.
- Jolie Terre (Gard, Eric Defrenne), positionnée sur l’industrialisation de la terre crue dans la construction. Process innovants : mise au point de mélanges spécifiques ; adaptation de machines de projection de mortiers ; caractérisation des performances du matériau ; conception d’un mur.
- Innobat (Hérault - Cap Alpha à Montpellier -, Michel Maugenet), positionnée sur les profils de menuiseries en matériau composite. Process innovants : sélection des molécules issues de la biomasse ; élaboration de matériaux / mise au point de procédés de synthèse ; adaptation des procédés de production ; fabrication de prototypes.
- LMPT (La Maison pour Tous, Aude, Fernand Jordan), consistant à la mise au point d’un système constructif permettant la limitation des ponts thermiques. Process innovant : conception de la structure, des équipements et des procédés de préfabrication ; validation technique et réglementaire par le CSTB.
+ sur www.laregion.fr, espace pro. Identifiant : ecoconstruction. Mot de passe : innovation.
En photo : Yves Piétransanta, vice-président de la Région L.-R. délégué au développement durable, à l'environnement et à l'énergie.










