La métropole face à la pénurie de logements neufs
« Chaque trimestre est pire que le précédent. » C’est ainsi que Jean-Philippe Jarno, président de l’ObserveRde l’immobilier toulousain, résume les chiffres du troisième trimestre 2021. À 725, le nombre de mises en vente de logements neufs dans l’aire urbaine de Toulouse (453 communes étudiées) n’avait jamais été si faible depuis la crise de 2008-2009. Sur les trois premiers trimestres, il a reculé de 42 % (- 41 % pour la ville de Toulouse) par rapport à la même période en 2019. Pire : si l’on compare le troisième trimestre 2021 au troisième trimestre 2019, les mises en vente ont chuté de 59 % (- 55 % pour Toulouse). Face à la pénurie d’offre, les ventes immobilières ont reculé de 30 % sur les trois premiers trimestres mais, restant supérieures aux mises en vente, elles contribuent à faire diminuer le stock de logements disponibles, qui s’établit désormais à moins de 3 800. Dans ce contexte, la hausse du prix de l’immobilier neuf est inéluctable.
Pour contrer la situation, il faut relancer la construction de logements neufs, estime le président de l’ObserveR. Difficile cependant, compte tenu de l’annulation au printemps dernier du plan local d'urbanisme intercommunal et habitat (PLUi-H). Toulouse Métropole, qui a fait appel de la décision du tribunal administratif de Toulouse (le recours devrait être étudié en janvier), a donc adopté le 14 octobre un pacte métropolitain pour l’habitat. Celui-ci maintient un objectif de production de 7 000 logements par an répartis entre Toulouse et les 36 communes de la métropole. « C’est facile de faire un pacte qui n’engage pas… », commente Jean-Philippe Jarno, qui espère toutefois que « chaque élu de la métropole va prendre sa part de responsabilité » pour relancer la construction de logements.
Retour aux anciens documents d’urbanisme
Hélas, la volonté politique n’est pas toujours suffisante. « Avec l’annulation du PLUi-H, ce sont les anciens documents d’urbanisme qui s’appliquent, explique Karine Traval-Michelet, maire de Colomiers et vice-présidente de Toulouse Métropole chargée de l’habitat et du logement. À Colomiers, quelques projets sont annulés, notamment l’ouverture à l’urbanisation d’une zone au nord de la commune, mais dans l’ensemble, nous ne sommes pas les plus à plaindre car l’ancien PLU (plan local d’urbanisme) qui s’applique désormais était assez récent et ambitieux. D’autres communes reviennent à des Pos (plans d’occupation des sols) bien plus anciens. C’est par exemple le cas de Saint-Jean, L’Union, Castelginest ou encore Mondouzil », indique-t-elle. À Saint-Orens-de-Gameville, le bailleur social Les Chalets voit l’un de ses projets de résidence pour jeunes apprentis bloqué au stade de la conception. Il espère que la commune modifiera son PLU : une possibilité ouverte par la Métropole pour les communes qui auraient besoin d’ajuster leurs documents d’urbanisme en attendant la mise en place d’un nouveau PLUi-H. Cependant, « il faudra compter au moins un an et demi pour faire aboutir ce type de procédure », prévient Karine Traval-Michelet.









