La fin d’un oligopole.
Au 1er janvier 2009, l’ouverture d’un Livret A sera selon toute vraisemblance disponible dans toutes les banques, qui souhaiteront le proposer à leurs clients. C’est en substance la finalité des articles 39 et 40 du projet de loi de modernisation économique que Bercy présentera dans quelques jours au Parlement. Une réforme, qui touche un privilège, puisque seuls trois établissements ont l’exclusivité de cette distribution : la Caisse d’Epargne et la Banque Postale pour le Livret A et le Crédit Mutuel pour le Livret Bleu.
Ce produit d’épargne vieux de 190 ans et destiné à financer le logement social, n’est pas, contrairement aux apparences, la ressource la moins chère. Selon le rapport de Michel Camdessus, ancien président du FMI, remis en décembre dernier au Premier ministre, « sous son régime actuel de rémunération des épargnants et de commissionnement des établissements distributeurs, le Livret A revient beaucoup plus cher, qu’un financement obligataire garanti par l ‘Etat. »
La commission de 1,3% versée à la Banque Postale coûterait 650 M€ annuels à l’Etat.
De son côté le groupe Caisse d’Epargne, qui perçoit une commission de 1% pour sa collecte du Livret A annonce la fermeture de 1 000 agences et la suppression de 4 000 postes . Sur le plan local, la banalisation du Livret A entraînerait une perte de 21 M€ à la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées, si la commission était baissée à 0,4% tel que le préconisait le rapport Camdessus.
Le gouvernement dans son projet de loi a fixé cette commission pour toutes les banques à 0,6%. D’où quelques voix qui se sont élevées, notamment celle de l’ancien président du Crédit Lyonnais, Jean Peyrelevade, estimant que cette réforme constituait un cadeau pour les banques. Ce à quoi la ministre de l’économie et des finances, Christine Lagarde a répondu qu’il n’y aurait pas de cadeau aux banques.
Ce qui est sûr, c’est que ce « rappel à l’ordre » de la Commission Européenne demandant à l’Etat français de mettre fin à l’oligopole dans la distribution du Livret A, lui offrait pourtant l’opportunité à la fois de mettre fin à des situations privilégiées et de faire des économies encore plus substantielles.










