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Gers / Lot
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Agri - Agro
| 22/10/2020

La filière foie gras en souffrance

La crise sanitaire qui se prolonge met à mal la filière foie gras. « Le confinement nous a fait perdre 60 % de nos débouchés avec la fermeture de la restauration française, de la restauration à l’étranger et des marchés de vente directe, indique à La Lettre M Marie-Pierre Pé, directrice du Cifog, l’interprofession des palmipèdes à foie gras. Nous avons soufflé un peu cet été avec la réouverture des restaurants, mais les nouvelles fermetures et les mesures de couvre-feu sont un nouveau coup dur pour la filière. »
L’Occitanie, deuxième région productrice de foie gras, derrière la Nouvelle-Aquitaine, compte environ un millier de producteurs majoritairement dans le Gers et le Lot. Ils produisent un peu plus d’un quart de la production française. « Aucune aide spécifique n’est prévue pour les producteurs comme ce fut le cas lors de l’épisode de grippe aviaire. Certains producteurs, notamment ceux spécialisés dans le gavage vont être en grande difficulté. Ils vont réduire leur production de 15 %, pour suivre le recul de la demande, alors que beaucoup ont réalisé il y a peu des investissements pour le bien-être animal et que leurs charges structurelles ont augmenté cette année », s’inquiète la directrice de l’interprofession.

Quelques lueurs d'espoir

Dans ce contexte morose, les producteurs veulent garder espoir en se raccrochant à quelques signaux positifs : l’ouverture cette année du marché chinois, ou encore la reprise de l’export chez le premier client français, le Japon. Autre source d’espoir, le calendrier des fêtes de fin d’année plutôt favorable à la consommation de foie gras. « Cette année nous aurons deux week-end prolongés, puisque Noël et le jour de l’an tombent un vendredi. C’est un calendrier propice aux rencontres familiales, et par conséquent, à la consommation de foie gras », explique Marie-Pierre Pé.

Le Cifog est également rassuré de voir que le foie gras est sorti cette année d’une règlementation qui l'a fait souffrir en 2019. Issue des États généraux de l’alimentation, la loi Égalim sur l’encadrement des promotions interdit les avantages promotionnels supérieurs à 34 % du prix de vente. « Cette loi nous a beaucoup porté préjudice l’année dernière, car la saison du foie gras a besoin d’être lancée, dans les semaines qui précèdent Noël, par des opérations promotionnelles qui séduisent les consommateurs. Heureusement, pour cette année 2020, les professionnels de la filière ont obtenu le fait de ne plus être concernés par cette réglementation », témoigne la directrice du Cifog.
Enfin, pour soutenir l’activité canard gras, la filière mise sur la viande. « Nous avons observé une bonne consommation du magret et du confit, note Marie-Pierre Pé, même si cela ne compense absolument pas les pertes liées à la fermeture des restaurants ! Nous encourageons l’achat de confit dans les drives avec le lancement en ce moment même d’une campagne de communication radio. La distribution semble jouer le jeu. »

Bérengère Bosi / bosi@lalettrem.net
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