Hérault
Tourisme - Loisirs
Kawan Group délocalisée à Sète : polémique entre Montebourg et Proméo
« Une opération financière menée par un groupe qui n’a aucune considération pour les salariés et le territoire qu’ils habitent ». Le nouveau ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a eu la dent dure, samedi dernier, contre le groupe sétois Proméo. Motif : la décision, annoncée trois jours plus tôt, aux 37 salariés concernés, de délocaliser l'entreprise Kawan group, leader de la distribution européenne de séjours en camping, de Saône-et-Loire jusqu'à Sète. L'entreprise, rachetée en 2011 par Proméo, se trouve à Simard, dans le canton du conseiller général Arnaud Montebourg. « Le groupe Proméo a décidé la relocalisation de l’activité de la société Kawan à Sète en raison de la réduction de ses ventes depuis 2009 », indique la direction de Proméo dans un communiqué publié ce mardi 29 mai, en évoquant une baisse de près de 10 % du CA de Kawan. Un projet qui permettrait, toujours selon Proméo, de « pérenniser et de développer une entreprise en perte de vitesse commerciale ». Les 37 salariés de Kawan ont reçus, le 26 mai, une lettre recommandée leur laissant un mois pour accepter cette proposition de transfert et déménager à Sète, le redémarrage de l'activité étant prévu en septembre prochain.
« Ânerie »
« Une relocalisation qui n’implique aucune disparition d’emploi, mais nécessairement des transferts de salariés d’une région à une autre », confirme Proméo, avant d’annoncer la mise en place d’importantes mesures d’accompagnement et d’assistance des salariés de Kawan : prise en charge des frais de déménagement, jours de congés exceptionnels, primes, mises à disposition de logements, aides au reclassement du conjoint.
Une opération contestée par Arnaud Montebourg pour qui « rien ne justifie de déménager l’activité à Sète ». Il indique avoir décidé d'engager « un bras de fer » avec Promeo afin de contraindre le groupe à revenir sur cette décision qu'il a qualifiée d'« ânerie ». « Avec les salariés, la municipalité et l’État que je représente, nous avons décidé d’engager un bras de fer pour amener les intéressés à renoncer à une opération destructrice pour l’emploi local, mais aussi pour le groupe lui-même puisqu’elle les priverait de l’expérience et du savoir-faire accumulés par les salariés », a affirmé le ministre, selon Le Journal de Saône-et-Loire. Dirigé par Gilbert et Olivier Ganivenq, le groupe Proméo avait investi 14 M€ en juin 2011 dans le rachat de Kawan group (la Lettre M du 29 juin 2011).










