Josiane Chevalier, préfète des Pyrénées-Orientales, veut recenser les projets privés pour soutenir le BTP
Josiane Chevalier, préfète des Pyrénées-Orientales arpente le territoire pour connaître les dirigeants, leurs projets et difficultés. Le gouvernement ayant placé l'emploi au centre de ces priorités, elle s'attache à trouver des solutions adéquates pour soutenir les secteurs phares locaux : le BTP et l'agriculture. Entretien.
Votre action est saluée par les chefs d’entreprises. Une réaction ?
Josiane Chevalier : Je le perçois comme la reconnaissance d’un travail d’équipe que j’ai impulsé dès mon arrivée. Je me suis attachée à construire une relation de confiance avec les chefs d’entreprise en étant totalement disponible car l’emploi est une priorité absolue.
Qu’en est-il de votre action en faveur de l’emploi ?
J’essaie par exemple, lors des réunions des associations des chefs d’entreprise, de porter au plus près le travail d’explication des mesures pour l’emploi avec l’appui de la Direccte, de Pôle Emploi, de la MLJ, de la Banque de France.
Le bâtiment est en grande difficulté. Quels leviers mobilisez-vous ?
Je rencontre souvent les différents responsables FFB, Capeb,… Pour les accompagner et leur donner de la visibilité, j’ai entrepris deux actions. La première, peu de temps après mon arrivée, concerne l’élaboration du guide intitulé « Le code des marchés publics, les bonnes pratiques pour dynamiser l’achat public local ». Je l’ai diffusé lors du congrès des maires en 2014. J’y fais souvent référence. Il s’agit en toute légalité de faire du patriotisme économique en gardant la main sur le processus de décision. Cette action va être prolongée avec un groupe de travail sur un échange de bonnes pratiques en matière d’élaboration de cahier des charges. Je le dis avec force, l’élaboration d’un cahier des charges est un acte politique.
Quelle est l’autre action ?
Il s’agit du recensement sur 3 ans des projets de commandes publiques. Ce travail fait par mes services a été long et n’est pas exhaustif. La moitié des collectivités a répondu et leurs marchés représentent plus d’un milliard d’euros de travaux. Ce recensement va permettre de donner au BTP de la visibilité. J’envisage aussi avec l’appui du niveau régional de recenser les projets structurants qu’ils soient publics ou privés pour compléter ce recensement avec par exemple le projet de la plateforme logistique de Tresserre, la liaison autoroutière Le Boulou/Le Perthus,…. Sans oublier l’ANRU II décroché par la Ville de Perpignan et la communauté urbaine, dont j’ai signé en décembre dernier le protocole d’accord avec l’ANRU et l’ANAH.
Sur les projet structurants comme la RN116 ?
Je tiens à préciser qu’un crédit d’études d’un million d’euros est prévu par le CPER. Les études de conception détaillée de la section Vinça/Prades réalisées en 2015 par la Dreal ont montré des difficultés techniques et financières. Nous sommes très conscients des besoins de mobilité du territoire et des enjeux de sécurité que représente la RN 116. Aussi, la Dreal mène à la commande du secrétaire d’Etat en charge des transports des études permettant d’identifier, sur toute la section Ille-sur-Têt / Prades, les opérations ponctuelles et soutenables financièrement afin d’améliorer cette portion de la RN 116 à court, moyen et long terme. La traversée de Marquixanes reste aussi une priorité pour l’Etat.
L’agriculture est aussi en péril ?
Avec la chambre d’agriculture, j’ai organisé le 22 février, une journée de séminaire qui a permis de partager les enjeux, de travailler sur des thématiques et de fixer des priorités avec pragmatisme. L’idée est d’aboutir d’ici la fin avril à un plan d’action concret avec des échéances précises. Des chantiers ont démarré : le foncier, la restauration collective, la mise en place d’un comité départemental de l’eau,…
Les ENR sont un atout pour le Département ?
Les énergies renouvelables représentent un formidable gisement d’emplois. Faut-il rappeler que Derbi est le seul pôle de compétitivité placé au niveau départemental. Nous soutenons les projets publics et privés qui existent comme les centrales photovoltaïques de Calce et Tautavel, le méthaniseur de Fonroche, la centrale biomasse d’AmBene, la valorisation de la chaleur fatale de l’UTVE de Calce…
Les mètres carrés commerciaux s’envolent. Est-ce surdimensionné ?
En effet, les mètres carrés commerciaux s’envolent et je le déplore. J’utiliserai tous les leviers juridiques à ma disposition pour arrêter ce phénomène pour au moins trois raisons : ces projets ne créent pas d’emplois ; ils consomment inutilement du foncier qui pourrait être utile à d’autres usages : agricoles ou entreprises ; cette politique contribue à accentuer la désertification des centre-villes. Il faut de la cohérence.
Les dirigeants se plaignent des lourdeurs administratives...
Elles sont en effet souvent mises en avant par les entreprises ou les élus. Lorsqu’il y a création d’emplois, ma méthode est simple. Je mets en place une équipe projet pour mettre autour de la table, tous les services concernés. C’est le cas pour Isocab, une entreprise que j’ai visitée avec l’AEP. J’ai fait cette offre au chef d’entreprise. Avec mon secrétaire général, nous nous adaptons à son rythme.










