Jallatte va supprimer 285 emplois à Saint-Hippolyte-du-Fort et à Alès
Le groupe Jal, maison-mère du groupe Jallatte, fabricant de chaussures de sécurité, va supprimer 285 emplois sur 336 en France. Les sites de production de Saint-Hippolyte-du-Fort, Alès (Gard) et Breuil-sur-Couze (Puy-de-Dôme) seront fermés. L’annonce a été faite ce mercredi 30 mai à Saint-Hippolyte-du-Fort, siège de la société, par Giovani Falco, directeur général du groupe Jal, et Joël Aunos, directeur général de Jallatte, aux représentants des salariés, réunis à l’occasion d’un CE extraordinaire. À 10 heures du matin, 200 personnes présentes dans la cour de l’usine ont laissé éclater leur colère, à l’annonce de la fermeture. Elles ont investi la salle de réunion où elles retiennent les représentants de la direction. « Vous mériteriez d’être pendus haut et court ! », a hurlé un ouvrier, au nez du responsable français, tétanisé. « Dites-leur, aux gens qui sont ici, pourquoi ils ne pourront plus payer leur maison, pourquoi ils ne pourront plus payer les études de leurs enfants, expliquez-leur ! ». Selon le projet présenté au CCE, les activités industrielles seront totalement arrêtées sur les trois sites de production français. Les matériels et machines des sites d’Alès et du Breuil-sur-Couze seront cédés à la société Jalgroup Tunisia. Les bâtiments seront vendus. Seuls seront conservés à Saint-Hippolyte-du-Fort les services commerciaux et administratifs, qui seront « redimensionnés ». La plateforme logistique d’Ennery (Moselle) sera exclusivement dédiée au commerce. Les activités logistiques seront transférées chez un prestataire extérieur, les activités administratives et financières regroupées à Saint-Hippolyte-du-Fort. Les modalités d’application du plan social doivent être précisées lors d’une nouvelle réunion, prévue le 11 juin.
En Tunisie
Créée en 1947 par Pierre Jallatte à Saint-Hippolyte-du-Fort, la société avait été cédée en 1998 au fond d’investissements privé CVC Capital Partners. Elle a intégré en 2000 le groupe Jal, lui-même créé dans le cadre de l’acquisition par CVC Capital Partners du groupe italien Almar. Depuis la création du groupe Jal, l’activité de plusieurs sites de production européen a été transférée vers la Tunisie : celle du site allemand de la société Lupos, et celle du site italien d’Ical. Le président du groupe, Nicola Ciniero, a déclaré récemment à un journal tunisien son intention de faire de la Tunisie « le centre de l’activité » du groupe. Jal emploie, en Tunisie, près de 4 500 salariés sur 3 sites.En 2003, un premier plan social a supprimé 76 postes, essentiellement de production sur les sites gardois. Pas suffisamment pour assurer leur pérennité selon la direction du groupe, malgré une hausse de la productivité et des ventes. Jal, qui affiche un déficit de 14, 7 M€ pour l’exercice 2006, prévoit un résultat d’exploitation négatif en 2008 (- 525 K€) et en 2009 (-976 M) « sans action corrective d’envergure ». Selon la direction, la fermeture des sites de production français et la délocalisation vers la Tunisie « devrait permettre au groupe Jal de revenir à l’équilibre dès le 1er trimestre 2008 ».
« Malhonnête ! », crient les élus
Mercredi matin, les élus présents ont interpellé vivement les dirigeants à l’issue du CCE. Le président du conseil général, Damien Alary, a exprimé sa colère : « C’est un canton où la viticulture a souffert. Il ne restait que ce groupe. Vous ne pouvez pas partir comme ça, c’est malhonnête ! Vous partez pour faire du fric alors que les carnets de commandes sont pleins, c’est scandaleux ! » L’élu s’est également indigné de ne pas avoir été informé des intentions du groupe : « Au moins, avec Well, on a travaillé ensemble. Alors que vous nous dîtes « on ferme » et vous partez ! ». Les salariés ont annoncé leur intention de retenir les dirigeants de Jallatte tant qu’ils n’auraient pas plus d’informations sur le plan social.Henri Frasque, dans le Gard










