Inflation : les entreprises du Gard se montrent résistantes
Les entreprises gardoises se montrent pour l’heure résilientes face à la hausse des prix, commente le 23 septembre Nathalie Ravet, directrice départementale de la Banque de France. « Le Gard reste dans la tendance régionale, hors aéronautique. À ce stade, le nombre de défaillances n’atteint pas le niveau de 2019. » Les dirigeants du département augmentent même leur prévision de croissance de leur chiffre d’affaires, établie en février. Notamment dans l’industrie avec une prévision révisée à 5 %, les services (10 %) et le BTP (2 %). En revanche, la directrice départementale constate « une tension actuelle au niveau des trésoreries. Avec une recrudescence des incidents de paiements déclarés par les banquiers.»
Peu de restructuration de PGE
Cette augmentation des difficultés de paiement se trouve sur « une pente ascendante, notamment sur le BTP. Elle s’est déjà fait sentir depuis septembre 2021 », pointe Nathalie Ravet. La directrice de l’institut bancaire constate à ce jour peu de restructuration de PGE. « Certains PGE sont utilisés pour surstocker. Ils avaient été conservés dans les trésoreries des entreprises et n’avaient pas été consommés jusque-là par précaution. Ils ont été utilisés à bon escient », précise-t-elle. En revanche, cette dernière alerte sur la baisse de la rentabilité d’exploitation. « L’industrie chute à – 11 %. Dans le Gard, nous sommes notamment impactés dans le segment de l’industrie automobile. » Cette révision à la baisse sur la profitabilité est de -14 % sur le BTP.
Tensions sur le recrutement
A l’image d’autres départements, le Gard connaît aussi de fortes tensions sur le recrutement. « Le tertiaire et l’industrie ont des besoins qu’ils n’arrivent pas à satisfaire. Ce qui limite leur capacité de production. » Et de citer des entreprises locales de l’agroalimentaire ne pouvant faire tourner l’outil de production à plein. Les entreprises du textile via la grande distribution sont aussi touchées. « Le Covid, puis la mise en place du télétravail ont impactés les commerces. Ceux implantés dans le centre-ville d’Alès et de Nîmes ont certainement moins de courant d’affaires à la pause déjeuner. » La baisse des projets de recrutement concernent aussi le secteur du BTP, dont les intentions passent de 1 à 0 % depuis février, mais aussi de l’industrie (révision de 3 à 1 %). « On s’approche d’un chômage structurel dans ces deux secteurs avec un turnover important et des rapports au travail qui ont sensiblement évolué. »
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