Pyrénées-Orientales
Tourisme - Loisirs
Hermeline Malherbe veut « monter en gamme »

Avec 31,4 millions de nuitées pour 1,4 Md€ de retombées économiques générées en 2013, le tourisme reste « la première filière économique du département. Il faut passer à la vitesse supérieure et monter en gamme pour privilégier cette destination Sud de France », indique Hermeline Malherbe, présidente PS de l’agence de développement touristique (ex-CDT) et du conseil général des P.-O.. Une ambition qui s’inscrit dans la droite ligne du gouvernement socialiste de faire du tourisme une priorité, et qui a pour but de stopper la relative baisse de fréquentation enregistrée (- 3 %) depuis 2011, année exceptionnelle avec 33 millions de nuitées. Les professionnels sont prudents sur leurs pronostics. « De plus en plus, ils doivent faire face à des réservations de dernière minute, même si le pic de fréquentation se concentre entre le 20 juillet et le 20 août », indique-t-on à l’Umih 66.
Une clientèle de proximité
La présidente entend « faciliter le rapprochement de l’action publique et des professionnels à travers des démarches communes de développement, de marketing et de promotion sur des clientèles cibles issues du L.-R., Midi-Pyrénées, et Catalogne Sud », comme par exemple le Pass Catalunya Nord. Cette clientèle de proximité s’inscrit aujourd’hui dans la configuration annoncée de la future grande région, qui devrait amener l’ADT à changer de braquet dans ses actions de promotion. « C’est trop tôt pour l’instant », estime la présidente. La clientèle historique de la région Nord-Pas-de-Calais est une autre cible de l’agence sur les axes du littoral et du thermalisme. « L’approche de cette clientèle se fait en lien avec les lignes qui s’ouvrent sur l’aéroport de Perpignan. Il s’agit de réaliser des économies d’échelle dans les actions de promotion », précise Hermeline Malherbe. Les actions engagées en février et mars sur cette zone ont permis au CE de Renault Douai de programmer les établissements thermaux des P.-O. Un éductour est aussi prévu pour les comités d’entreprise d’Air France, CGOS Nord-Pas de Calais/Picardie. Pour attirer « les 35-45 ans », l’agence a développé une campagne « Ailes de saison » doppée par le web et les réseaux sociaux qui génèrent de bons retours.
La clientèle étrangère
L’ADT travaille aussi sur la clientèle étrangère (Belgique, Pays-Bas, Allemagne) en s’appuyant sur les lignes développées par l’aéroport - sachant que 2 % des touristes viennent par avion - ou encore les lignes LGV vers l’Espagne (Barcelone, Madrid) et le port de Port-Vendres pour les croisières (20 escales programmées en 2014). « Un travail de fonds est en cours sur les thèmes : quelle clientèle étrangère, quelle cible de marché, qui seront développés en 2015, 2016, 2017 », précise-t-elle. Les établissements haut de gamme, comme l’hôtel **** Riberach à Bélesta attirent la clientèle étrangère. Le vice-président du conseil général en charge du tourisme, Alexandre Reynal, souligne que « la réussite affichée par certains établissements haut de gamme a suscité d’autres initiatives. Les professionnels de l’hôtellerie ont amélioré l’accueil et sont montés en gamme. » Même si, concède la présidente, « il y a encore des efforts à poursuivre. »
D’autres perspectives
L’ADT concentre son offre montagne sur la période d’hiver. « Il y a du potentiel pour l’été et les ailes de saison. Pour l’heure, il faut que tous les acteurs travaillent à mieux structurer l’offre avant d’engager des actions de communication d’envergure. Nous avons du potenetiel pour développer le tourisme vert et d’arrière pays », complète la présidente. Le service qualification et structuration de l’offre de l’ADT accompagne « la mise en tourisme des territoires » comme « Canigou Grand Site. » Consciente que des efforts doivent être faits en matière d’accueil et la pratique des langues, Hermeline Malherbe a salué « le partenariat avec l’Université de Perpignan, qui offre au département une filière complète de formation, notamment avec le futur Master né du programme européen Miro. D’avoir des étudiants mais aussi des chercheurs nous donne des perspectives d’avenir. »
Situé entre Montpellier et Toulouse, les P.-O. ont une carte à jouer dans le domaine du tourisme d’affaires. « Nous avons des infrastructures, l’offre d’hébergement ou encore d’accueil comme la cave Byrrh à Thuir qui est en capacité d’accueillir des séminaires, indique la présidente. Le tourisme d’affaires existe, mais là aussi on peut faire mieux. La crise peut nous aider à développer ce secteur avec l’aide des professionnels locaux. »










