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| | 11/05/2009

Hérault/Environnement - La plateforme pour le traitement des mâchefers de l’incinérateur de Lunel se précise

L’enquête publique devrait finalement être lancée en septembre pour la plateforme de traitement des mâchefers de l’incinérateur de Lunel-Viel. Sylvain Gollin, directeur de l’usine Ocreal (*), annonce la poursuite d’une procédure aux multiples rebondissements, qui devrait donner lieu à la construction d’un bâtiment fermé de 7 000 m2. Il sera destiné au traitement et à la valorisation des mâchefers, résidus de l’incinération des déchets utilisés en technique routière, sur un terrain limitrophe de la filiale de Suez environnement. L’investissement prévisionnel s’élève à 5 M€. Deux à trois personnes maximum pourraient y être affectées. « Les opposants à cette plateforme sont nombreux, souligne Sylvain Gollin. Seulement, une décision du tribunal administratif nous oblige à réaliser cet aménagement pour obtenir une autorisation d’exploiter pérenne. Je disposais d’une solution qui me convenait à Vedène, dans le Vaucluse, pour la valorisation des mâchefers. Le tribunal a estimé que le principe de proximité s’appliquait pour les résidus, il sera difficile à mon sens de revenir sur cette décision. » En février 2007, l’autorisation d’exploiter d’Ocreal avait été annulée par le tribunal administratif de Montpellier. La juridiction avait considéré que l’étude d’impact réalisée en 1998 était insuffisante « notamment en ce qui concerne le mode de traitement et de gestion des mâchefers » Le directeur envisage par ailleurs la possibilité d’installer des panneaux photovoltaïques sur le toit de ce nouveau bâtiment.Investissement, communication et projet à caractère socialMal-aimée du Lunellois, pointée du doigt depuis son entrée en service en 1999 pour des incidences sur la santé et l’environnement, Ocreal tente tant bien que mal de redorer son blason. Entre novembre 2008 et la fin du premier semestre 2009, 13 M€ ont été mis en œuvre sur les installations de traitement des fumées. La nouvelle technologie de traitement sec a permis d’éliminer les rejets d’eaux de traitement dans le canal de Lunel, « pour éviter toute ambiguïté et tout débat », selon Sylvain Gollin. La deuxième partie des investissements concerne le traitement des oxydes d’azote, pour se conformer à la réglementation européenne qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2010. L’usine a aussi multiplié les actions portes ouvertes et auprès du grand public. « Pour que notre métier soit mieux accepté, les citoyens doivent d’approprier la chaîne de gestion des déchets, dont ils ne sont pas ou très peu acteurs, insiste Sylvain Gollin. Il faut qu’ils prennent conscience de leur importance, aussi, dans la qualité des déchets que nous traitons. » Impliquer tout un territoire autour de l’incinérateur : le patron de l’incinérateur croit avoir trouver une solution miracle grâce à la cogénération. Son idée : aller au bout de la valorisation, en utilisant la chaleur actuellement perdue pour chauffer des serres horticoles. Un projet social, avec un volet formation et insertion de publics en difficultés, qui pourrait permettre la création d’une vingtaine d’emplois. « Je suis en train de préparer une étude d’opportunité, pour savoir qui me suivra dans cette idée et comment, explique le directeur d’Ocréal. Je pense pouvoir faire une proposition aux élus à la fin du deuxième semestre. »C. D.(*) Ocreal traite et valorise les déchets de 88 communes rassemblées dans le syndicat mixte Entre Pic et étang. Soit entre 120 et 130 000 tonnes traitées par an, sa capacité maximale. Ocreal emploie 30 personnes à Lunel pour un CA 2008 stabilisé de 14 M€.

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