Hausse des ventes et des coûts de production : la filière foie gras mi-figue mi-raisin
Après de nombreux mois difficiles pour la filière foie gras, handicapée par la fermeture des restaurants puis par une importante épizootie d’influenza aviaire, le Cifog, l’interprofession des palmipèdes à foie gras, voit enfin avec soulagement « un ensemble de signaux positifs » rassurants pour les 1 000 producteurs situés en Occitanie (dans le Gers et le Lot en majorité), deuxième région productrice derrière la Nouvelle-Aquitaine. Ainsi, malgré la conjoncture défavorable, les ventes de foie gras en GMS (grandes et moyennes surfaces) ont augmenté de 3,6 % en volume et de 3,8 % en valeur sur la période janvier-septembre 2021, comparé à la même période en 2020. Au premier semestre 2021, les ventes de foie gras transformé dans la restauration ont augmenté de 28 % par rapport au premier semestre 2020. La filière espère voir ces tendances se renforcer avec les fêtes de fin d'année qui approchent. En effet, 91 % des Français déclarent consommer du foie gras et 78 % estiment qu'il s'agit du mets incontournable des fêtes de Noël.
Autre satisfaction : la dynamique positive des exportations (+ 11 % pour le cru, + 17 % pour le transformé comparé à 2020). La tendance devrait d’ailleurs se renforcer, « avec la réouverture des pays tiers suite au retour du statut indemne d’influenza aviaire de la France le 2 septembre dernier », se félicite le Cifog. Ce statut est maintenu malgré l'annonce faite par le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie le 5 novembre, d'un passage de l'ensemble du territoire français au niveau de risque « élevé » en réaction à la progression du virus d'influenza aviaire en Europe.
Des coûts de production à la hausse
Cependant, le Cifog tire la sonnette d’alarme quant à la hausse importante des coûts de production qu’il estime à 13,8 %, soit 2,57 € pour la production de chaque canard. En cause : les « surcoûts liés aux nouvelles mesures de biosécurité » suite à l’épizootie, mais également la hausse du coût des matières premières (+ 28,3 % sur les dix premiers mois de l’année), l’augmentation du Smic ou encore du prix des transports des animaux vivants (+ 3,5 % entre janvier et septembre). Pour l’interprofession, ces hausses devraient perdurer en 2022. Dans ces conditions, elle estime que « seule la répercussion de la totalité de ces augmentations pourra assurer la survie de la filière, qui représente en France environ 100 000 emplois directs et indirects ». Pour rappel, la France est le premier producteur mondial de foie gras. La filière génère un chiffre d’affaires de 2,1 Md€. 46 % des ventes sont réalisées en GMS, 23 % dans la restauration hors foyer, 17 % à l’export et 14 % dans les circuits spécialisés et en vente directe.
