L'Occitanie n'est plus épargnée par la grippe aviaire
Depuis sa première observation en novembre, la grippe aviaire se répand en France. Jusqu’alors préservée, la région Occitanie est désormais elle aussi concernée. Un premier foyer d’influenza aviaire hautement pathogène a été constaté fin décembre dans les Hautes-Pyrénées. En ce début janvier, c’est le Gers qui vient de confirmer son premier cas dans un élevage de Sainte Christie d’Armagnac, à quelques kilomètres des Landes, département qui compte à lui seul 48 des 62 foyers français identifiés.
« Il faut agir vite pour stopper la diffusion de l’épidémie », indique à La Lettre M Benjamin Constant, président de l'association gersoise pour la promotion du foie gras et de l'aviculture et membre associé à la chambre d’agriculture du Gers, en charge des dossiers « aviculture ». Ainsi, ce mercredi 6 janvier, une opération d’abattage préventif de 40 000 canards, selon les chiffres de la chambre d'agriculture du Gers, a été réalisée, conformément à la stratégie de prévention définie par l’État. Dans le même temps, de nouvelles analyses devaient être effectuées, car « un deuxième bâtiment appartenant au même agriculteur est suspecté d’être touché », précise Benjamin Constant. Et ce malgré les dispositifs de prévention mis en œuvre par les éleveurs : mise à l’abri des animaux dans les bâtiments et sous filets.
« La transmission du virus s’est probablement faite par l’intermédiaire de la faune sauvage, qui a pu être en contact avec des élevages landais et s’est déplacée vers le Gers », indique Benjamin Constant. Une analyse que ne partage pas Bernard Lannes, président de la Coordination rurale et éleveur dans le Gers. « Le vrai problème, c'est l'industrialisation des élevages. Sur les gros élevages, il y a des opérateurs qui se déplacent d'un bâtiment à l'autre. Lorsque l'on déplace les animaux, si une seule plume tombe dans la nature, le virus peut-être diffusé », note le syndicaliste.
Des indemnisations coûteuses
Aujourd’hui, l’urgence est à l’éradication du virus, même si selon Bernard Lannes, « le virus va se diffuser davantage dans le département ». Les conséquences pourraient être lourdes : le Gers, deuxième département producteur de canards après les Landes, compte environ 800 producteurs qui élèvent 4 M de canards par an, sur les 29 M que produit la France. Lors des deux épisodes de grippe aviaire hautement pathogène de 2015-2016 et 2016-2017, les aides débloquées pour les éleveurs et acteurs de la filière concernés en France avaient atteint 320 M€. « Ce sont ces indemnisations qui avaient permis aux producteurs de se relever. Nous attendons désormais que l'État notifie par écrit les dispositifs d'accompagnement qui vont à nouveau être mis en place », déclare Benjamin Constant.
De son côté, le Cifog (interprofession du foie gras) appelle l'État à confirmer les « indemnisations […] pour compenser le préjudice lié aux abattages préventifs mais également les pertes liées à la non-production du fait de l'instauration de vides sanitaires plus longs dans les élevages ». L'interprofession réclame par ailleurs que « 70 % de ces indemnisations soient versées très rapidement ».
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