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Languedoc-Roussillon
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| 29/06/2012

Grande Agglo Montpellier-Nîmes-Alès : les présidents disent oui, mais pas quand

Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Agglomération, Jean-Paul Fournier, président de Nîmes Métropole et Max Roustan, président du Grand Alès, ont affiché une volonté de travailler ensemble à l’avenir sur des sujets économiques clés, sans pour autant donner de feuille de route précise, ce vendredi 28 juin au site nîmois de l’Ecole des Mines d’Alès, lors du Petit déj « Vers une grande métropole Alès-Nîmes-Montpellier ? » animé par Henri Frasque, rédacteur en chef de La Lettre M.
Alors que Nîmes et Alès créeront un pôle métropolitain en septembre, Montpellier, dont l’agglomération attire 6 000 nouveaux habitants chaque année, ne parvient paradoxalement pas à étendre son périmètre. « Les lignes doivent bouger dans les cinq ans, a prévenu Jean-Pierre Moure. Après ça sera trop tard. Le schéma intercommunal est mort né. Pas un cm2 ne concernait l’Agglomération de Montpellier. C’était se moquer du monde. Il faut donner davantage de force à capitale régionale dans sa territorialité. Ceux qui ne seront pas dans grandes agglos seront exclus, et relégués dans les divisions inférieures. Comme sont aujourd’hui rayées de la carte les villes qui ont fait le choix de ne pas avoir le chemin de fer il y a 200 ans ! Il faut réagir, et vite. Sinon, tous les centres nerveux décisionnaires s’éclateront entre Toulouse, Marseille, Lyon, Barcelone. »
Montpellier Agglo affiche ouvertement sa volonté de récupérer le port de Sète (Thau agglo) et l’aéroport (pays de l’or). « Montpellier a la dynamique économique, mais pas les infrastructures. C’est Ubu roi. Il faut donner du sens à tout ça. Ça va venir. »

La crise des finances publiques, accélérateur de fusion ?

Des éléments extérieurs pourraient accélérer le processus de rapprochement. « C’est vrai, il y a 20 ans nous dressions déjà le même constat d’un nécessaire regroupement, pour peser entre Marseille, Lyon et Toulouse… Et rien ne s’est produit depuis, analyse Franck Proust, député européen. À la différence qu’aujourd’hui, il y a une urgence financière. Les collectivités vont avoir de plus en plus de mal à se financer, et donc être contraintes au regroupement. » Jean-Pierre Moure renchérit : « Si on veut éviter la thrombose, il faut affecter l’argent public le plus efficacement possible. L’intercommunalité n’échappe pas à la règle. Il faut éviter de démultiplier les administrations. Une mutualisation intelligente doit être mise en place. » Même analyse pour Jean-Paul Fournier : « On ne peut plus continuer à travailler sur un patchwork. Il faut des recompositions, et aller plus loin que ce que les préfets ont fait. Un jour, il n’y aura que des communautés d’agglomération. Dans ce processus de regroupements, il faut faire abstraction de la couleur politique. »

« Avec Sète, c’est toujours singulier »

Autre ciment possible : l’émergence de grandes infrastructures de transport, qui vont rapprocher les territoires entre eux. La signature, hier à Paris, du contrat de partenariat entre RFF et Oc’Via pour la réalisation du contournement de Nîmes et Montpellier, en est l’exemple. A l’horizon 2018, grâce à ce doublé de ligne, la Région L.-R. pourra en effet mettre en place sur la ligne actuelle des TER à haut débit (15 à 20 mn en heures de pointe).
Le « cas » de Sète (Thau agglo) a par ailleurs été évoqué. « Avec Sète, c’est toujours singulier, a glissé Jean-Pierre Moure. La fusion avec Montpellier aurait dû se faire. Après la déraison, nous échangeons avec le président de Thau agglo. D’ailleurs, si aucun de nous deux ne s’est présenté aux législatives, c’est parce que nous considérons que ce que l’on prépare est plus important. »

Photos : Christian Philip

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