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Languedoc-Roussillon
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| 25/01/2010

Georges Frêche se pose en rassembleur de la gauche en Languedoc-Roussillon

Georges Frêche, président divers gauche du conseil régional Languedoc-Roussillon et chef de file de la liste « Tous pour le Languedoc-Roussillon » pour les élections régionales, s’est posé samedi 23 janvier en rassembleur de la gauche locale, lors de l’inauguration de sa permanence de campagne.-« Evidemment ce n’est pas parfait, mais ça ne l’est dans aucune région de France, a déclaré l’élu depuis une tribune dressée dans une rue du quartier Antigone, fermée pour l’occasion à la circulation, devant environ 500 militants et sympathisants. C’est sûrement dans notre région qu’il y a le rassemblement le plus important : socialistes, communistes, radicaux de gauche, MRC, des non-inscrits, les chasseurs et des écologistes. »
Pour le premier tour, le 14 mars, la liste de Georges Frêche part favorite dans les deux sondages parus en région - TNS/Sofres pour le PS, paru dans Midi Libre le 20 janvier. Ces deux sondages attribuent 29 % à la liste Frêche au premier tour, et la placent en tête du deuxième tour, quel que soit le cas de figure (duel, triangulaire, quadrangulaire).

Desperados

En position de force, le président sortant de la région a taclé Hélène Mandroux, maire de Montpellier et André Vezinhet, président du conseil général de l’Hérault, deux ténors socialistes locaux qui ne lui apportent pas leur soutien dans la course aux régionales : « C’est moi qui les ai fabriqués… Et les voix à Montpellier, c’est moi qui les amène, je n’ai besoin de personne d’autres. Quelques desperados ont essayé de faire une liste socialiste contre moi, ils n’ont pas réussi. Fabius a dit qu’il ne voterait pas pour moi s’il votait ici. Si j’étais en Normandie, moi je voterais Fabius ! »

Le Parti socialiste n’a pas investi officiellement la liste de Georges Frêche, sans pour autant présenter de liste alternative. Signe que l’homme dérange, mais s’avère incontournable, surtout après le plébiscite des militants régionaux, le 3 décembre (près de 90 % des voix). « Ils sont sympas, au PS, mais il y a beaucoup de faux-cul, a ironisé Georges Frêche sur Europe 1, le 15 janvier. Si je perds, ce sera moi qui perdrai, si je gagne, ce sera le PS qui gagnera. »

« Ca se présente très correctement »

Le programme de sa liste, qui compte le communiste Jean-Claude Gayssot, ancien ministre des Transports, comprendra 36 mesures phares. Georges Frêche a fait samedi de l’emploi et du développement durable ses deux priorités. Il a également annoncé « l’accélération d’une politique de grands travaux, la fin du Plan Lycées, la lutte contre les inondations, le plan haut débit numérique, Aqua Domitia (réseau hydraulique utilisant l’eau du Rhône, ndlr), la création de 18 parcs d’activités dans la région. Tout cela génèrera des milliers d’emplois, comme les 30 000 emplois que j’ai créés à Montpellier en d’autres temps (en tant que maire de la ville, entre 1977 et 2004, ndlr). Ce sont les gens qui gagnent le moins qui sont nos frères et nos amis. Ce sont ceux-là pour qui nous voulons nous battre : les paysans, les viticulteurs, les ouvriers, les chômeurs, les fonctionnaires des catégories les plus faibles, trop mal payés. C’est ceux-là nos amis, c’est cela la gauche. »

Passe d’armes avec la fronde anti-Agrexco

Le programme, qui comprend 36 mesures phares, sera détaillé à travers des conférences de presse est prévues chaque mardi (la première ayant lieu ce 26 janvier), pendant six semaines, à la permanence. Cinq meetings sont par ailleurs prévus, dans chacune des préfectures de la région.
Une vingtaine d’opposants au projet d’implantation de la société israélienne Agrexco sur le port de Sète ont scandé « Agrexco ne passera pas » tout au long du discours de Georges Frêche, sans créer d’incident. « On me dit : "Faites-les partir", a déclaré Georges Frêche. Mais leur présence, c’est le gage de la démocratie qui nous construit. Chacun a le droit de s’exprimer. Et Agrexco, qui vient d’Israël, d’Afrique du Sud et de Cuba, viendra à Sète comme les Marocains, les Algériens, les Lybiens, les Grecs et les Turcs. Et je dis à mon ami le pasteur Nunez (délégué régional de la Cimade, leader de la fronde anti-Agrexco, ndlr) qui mène cette manifestation qu’il devrait se souvenir des luthériens qui ont voté Hitler en Allemagne en 1933. Il ne faut pas se tromper de combat. Moi, je salue les calvinistes des Cévennes qui ont aidé les Juifs pendant la Shoah. C’est cela, le vrai et bon combat. »

Joint samedi au téléphone, Jean-Paul Nunez a répondu : « Georges Frêche mélange tout. L’entreprise Agrexco vit en spoliant l’eau et la terre des Palestiniens et nous nous opposons à sa venue sur le port de Sète. Je ne vois ce que la Shoah vient faire là-dedans. Des luthériens ont mené un combat légitime contre Hitler. Je ne me sens pas insulté, et je n’entamerai aucune action en justice, mais il est dommage que Frêche entretienne la confusion. »

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