la lettre M

Hérault
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Eau - Environnement / Industrie
| 30/03/2021

Genvia : l'aventure de l'hydrogène vert peut commencer

L'aventure de l'hydrogène vert pour les industriels Schlumberger, Vicat et Vinci Contruction, le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et la Région Occitanie est officiellement lancée. Plus exactement la production d'électrolyseurs nouvelle génération, appareils permettant de fabriquer cette énergie d'avenir. Leur société conjointe Genvia a été inaugurée ce 30 mars, sur le site biterrois de Cameron (groupe Schlumberger). « Je suis convaincue que l'hydrogène va être un élément-clé de la transition écologique pour le déploiement des ENR, pour décarboner progressivement l'industrie... Mais ce ne sera possible que si on a la capacité de produire cette énergie, qui n'émet pas de CO2, à des coûts compétitifs », commente Florence Lambert, présidente de la nouvelle société. L’objectif, d’ici à 2030, est d'arriver sous la barre des 2€/kg.

Le rôle du CEA, actionnaire majoritaire

Une subvention de 2,5 M€ a été attribuée à Genvia via le dispositif Soutien aux projets industriels dans les territoires de France Relance, en plus d'une aide régionale de 328 k€. Selon nos estimations, son capital s'élève à 53,8 M€. Ainsi l'investissement total, de plus de 56 M€, vise à augmenter peu à peu la production d'électrolyseurs, jusqu'en 2024. Il s'agira alors de décider - ou non - de passer un cap, en lançant une « giga factory » à horizon 2030. La répartition du capital n'est pas dévoilée. Ce que l'on sait, c'est que les actionnaires majoritaires sont le CEA et Schlumberger. L'organisme public compte sur 70 opérateurs et chercheurs, basés à Clamart (92), Chambéry et Grenoble, pour plancher sur la technologie dite de « rupture », qui consiste à produire de l’hydrogène par électrolyse avec de l'électricité décarbonée, issu de l’éolien par exemple, et de la vapeur d’eau.

« Pour la quatrième ville la plus pauvre de France,
c'est du maintien de l'emploi et de la création de richesse
sur une technologie de demain.
 »
Jacques Witkowski, préfet de l'Hérault

Le rôle de Schlumberger, actionnaire majoritaire

La multinationale, elle, est en train d'aménager l’un de ses bâtiments existants, de plus de 2 000 . Son site biterrois, siège de la nouvelle entité, met également à disposition son savoir-faire industriel en termes de production massive ainsi qu’une dizaine de salariés, formés ces dernières semaines. Leur ancien métier consistait à fabriquer des équipements de sécurité et contrôle de pression lors de forages pour Schlumberger. À partir de juillet, ils seront mobilisés sur la première ligne de production d'électrolyseurs made in Béziers. « D’ici la fin d’année, le site comptera quarante employés », annonce Luc Mas, directeur général de Cameron. D'où cette observation de Jacques Witkowski, préfet de l'Hérault : « Pour la quatrième ville la plus pauvre de France, c'est du maintien de l'emploi et de la création de richesse sur une technologie de demain. »

La Région, troisième actionnaire

En troisième position au capital figure l’Agence régionale énergie climat (Arec), qui a placé 3,5 M€ (6,5 %). D'où la présence de la présidente de Région Carole Delga, qui salue une « réalisation concrète de souveraineté industrielle qui permet de concilier transition écologique et emploi ». Pour la candidate socialiste aux élections régionales de juin prochain, il s'agira aussi de « créer un écosystème, dès l'année prochaine, avec un centre de formation spécifique financé par la Région, afin de répondre à la montée en puissance de la production industrielle de Genvia ». « Ce site s'inscrit aussi dans la chaîne hydrogène que nous voulons créer. C'est pour cela nous avons lancé un fonds dédié à l'hydrogène vert de 150 M€ il y a plus de deux ans », rappelle Carole Delga, avant de citer le projet d'éoliennes flottantes au large de Port-la-Nouvelle (Aude), à partir de 2022, et les cars du tarnais Safra qui seront les premiers de France à rouler à l'hydrogène, d'ici à 2023.

« Ce site s'inscrit aussi dans la chaîne hydrogène
que nous voulons créer
 »
Carole Delga, présidente de Région

Deux partenaires industriels

Les deux autres actionnaires, minoritaires, sont Vicat et Vinci Construction. Le cimentier souhaite valoriser la chaleur dite « fatale », issue de ses usines rhodanienne et iséroise, afin de produire de l'hyrogène vert. Le géant du BTP « nous accompagne notamment sur l’industrialisation via sa branche Actemium, pour monter en puissance », explique Florence Lambert.

Cyril Peter / peter@lalettrem.net
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