François Asselin (CPME) "En Occitanie, les deux métropoles jouent le rôle d'aspirateur économique"
« Ici (dans l’Hérault, NDLR), il n’y a que des entrepreneurs de terrain, avec une forte représentation des PME ». Le 10 avril, François Asselin, président national de la CPME, était en déplacement dans l’Hérault à l’occasion de l’assemblée générale de la CPME 34 (nouveau président : Grégory Blanvillain). Lors d'un entretien avec La Lettre M, il a partagé sa vision du tissu économique local. « Il y a en Occitanie deux grandes métropoles qui jouent le rôle d'aspirateur économique ». Une concentration accentuée par la fusion des deux anciennes régions (Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon), estime-t-il - « c'est une difficulté » - et qui nécessite « une bonne orientation et la sagesse des acteurs politiques et économiques ».
Accompagner plutôt que contrôler
Le président national de la CPME a également évoqué la place de la PME dans la société. « L’entrepreneur a davantage besoin d’être accompagné plutôt que contrôlé. Les règles sont foisonnantes et l’entrepreneur a du mal à s’y retrouver. Il faudrait reconsidérer la relation de la PME avec l’administration. C’est une question de culture, d’état d’esprit à faire évoluer. » Si en France, l’administration commence par la sanction, le droit à l’erreur est une évidence dans certains pays, poursuit-il.
Pression fiscale
Autres points d’amélioration selon le président de la CPME : la forte pression fiscale qui pèse sur le dirigeant de PME. « Si nous voulons nous en sortir, la 1re mesure est de faire des économies dans la sphère publique : pas seulement au niveau national mais aussi à l’échelle de la commune, de l’agglomération, du département… » Si François Asselin se réjouit de la baisse progressive de l’impôt sur les sociétés, il s'inquiète des conséquences de la loi avenir professionnel portant sur la formation des demandeurs d'emploi. Dans ce cadre, les PME comptant de 50 à 300 salariés vont continuer à payer les cotisations dédiées à la formation mais celles-ci seront fléchées vers les personnes à la recherche d'un emploi, explique-t-il. Une bonne idée selon lui mais qui risque de nuire à la formation des salariés de ces PME. « On passe de la France compétence à la France siphonnage ! » La loi Mobilité suscite aussi quelques remarques du président de la confédération. Le ministère des Transports veut avancer sur l’idée d’une prime versée par l’employeur, qui pourrait aller jusqu’à 400 €, pour les employés venant au travail en vélo ou via du covoiturage. « Pas franchement une bonne nouvelle pour les dirigeants. » Ce forfait mobilité devrait toutefois être facultatif.
Grand débat national
Alors que les résultats du Grand débat national sont attendus, François Asselin indique que la CPME attend des mesures courageuses : « un premier pas a été fait avec les heures supplémentaires nettes d’impôt pour les salariés, il faudrait aussi qu’elles soient nettes de charges pour les entreprises, comme cela avait été le cas au début du mandat de Nicolas Sarkozy. » Ainsi, si une entreprise excède les 35 heures, elle est pénalisée et son prix de vente n’est plus compétitif, souligne-t-il. Quant au problème de recrutement auquel sont confrontées bon nombre d’entreprises du territoire, François Asselin estime qu’il ne pourra se régler que dans le temps, grâce à une formation professionnelle des demandeurs d’emploi de qualité, une orientation efficace – « un jeune qui sort diplômé, à l’issue d’une formation professionnelle, n’a aucune difficulté à trouver un emploi » -, et « un intérêt financier à aller travailler plutôt que de rester chez soi ».










