Fin des contrats aidés : les réactions en Occitanie
L'annonce par le gouvernement* de la fin des contrats aidés** divisent les décideurs de la région Occitanie. Favorables à cette suppression, les organisations patronales plaident pour un renforcement des moyens alloués à la formation. Du côté des collectivités, on déplore cette décision au nom de la lutte contre le chômage et l'exclusion. Pour Georges Méric, président du conseil départemental de la Haute-Garonne, qui condamne fermement cette décision, « la suppression des emplois aidés annoncée par le gouvernement est fort regrettable et aberrante, dans une période où nous devons tous rester mobilisés pour mener un combat de front contre le chômage ». L'élu PS de la Haute-Garonne estime par ailleurs que l'insertion des personnes les plus éloignées de l'emploi doit rester une priorité. « Les emplois d'avenir ont démontré leur efficacité pour amortir le choc de la crise qui frappe de plein fouet les jeunes, notamment les moins qualifiés », poursuit Georges Méric qui a décidé de doubler le nombre de contrats aidés d'ici trois ans (45 contrats en 2017) au sein de sa collectivité. « Supprimer ce dispositif d'insertion, ce serait aussi mettre en péril le monde associatif et les communes, grands pourvoyeurs de ces contrats devenus nécessaires pour maintenir un service de qualité dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint. »
Inquiétude des maires
Une position partagée par le sénateur UMP des Pyrénées-Orientales. Dans un courrier adressé mi-août à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, François Calvet relaie « l'inquiétude croissante de bon nombre de maires concernant l'impossibilité de renouveler la plupart des contrats aidés arrivant à échéance prochainement ou de recourir à ce dispositif pour de nouveaux contrats ». Toujours selon lui, « après la baisse massive des dotations, cette nouvelle mesure du gouvernement est un nouveau coup porté aux collectivités qui ne peut être ignoré. » À l'opposé, les représentants des principales organisations patronales sont favorables à cette décision. « La suppression de ce dispositif n'est pas gênante. L'employabilité des salariés doit en effet être une priorité. Or, les personnes employées en contrats aidés ne sont pas suffisamment qualifiées pour accéder à l'emploi de façon définitive. Et les actions de formation qui leur sont destinées dans le cadre de ces contrats sont insuffisantes. Qui plus est, ce sont les collectivités et l'Éducation nationale qui les utilisent le plus. Leur nombre est marginal dans le secteur marchand», estime Samuel Hervé, le président du Medef Hérault avant de plaider pour un report des allègements de charge liés à ce dispositif en direction de la formation, « là où ces fonds seraient les plus efficaces en vue d'un vrai retour à l'emploi ».
Coût élevé, efficacité limité selon la CPME et le Medef
Vice-président de la CPME de la Haute-Garonne, Samuel Cette pointe le coût élevé de ces contrats aidés alors que leur efficacité est plus que limitée selon lui. « Selon un rapport de la cour des comptes, moins du quart des personnes employées en contrats aidés ont bénéficié d'une formation. Logiquement, les trois quart d'entre eux ne trouvent pas de travail à l'issue de leur mission. Cette mesure a été dévoyée.» De fait, la CPME milite pour une réduction de ce dispositif et une baisse des charges salariales. « Nous allons être attentif aux mesures proposées par le gouvernement. De 450.000 l'an dernier, le nombre de ces contrats va passer à 300.000 cette année ce qui est déjà un premier pas », glisse Samuel Cette. « Si la limitation du nombre des emplois aidés aura un impact limité au sein de notre collectivité, seulement 100 contrats sont en cours pour un effectif global de 14.000 agents, cette décision est à mon sens dommageable pour les personnes qui bénéficiaient de ce dispositif, notamment les jeunes demandeurs d'emploi. Cela leur permettait d'accéder à une première expérience professionnelle », estime par ailleurs Henri de Lagoutine, conseiller municipal délégué de la Ville de Toulouse en charge du personnel de la collectivité.
* Le 9/8, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, fustigeait lors d'un débat à l'Assemblée « l'inefficacité des contrats aidés dans la lutte contre le chômage avant de pointer en matière de lutte contre le chômage après avoir pointé leur coût élevé pour l'État. La ministre souhaite par ailleurs « lancer une réflexion » dans les prochains mois au sujet du maintien de ce dispositif en vue de mettre en œuvre « une vraie politique de formation ».
** Ces contrats d'accompagnement dans l'emploi (CUI - CAE) sont destinés aux jeunes de moins de 26 ans et aux demandeurs d'emploi et sont financés entre 65 et 75 % par l'État.










