eSport et fan business : les forces se mobilisent
L’eSport ou les challenges d’un marché en hyper croissance, tel était le thème de l’IT Déj mené par les entreprises Vogo et Stakrn au nom du groupement FrenchSouth.digital à Cap Omega (Montpellier) ce 30/6. Définition d’abord : « l’eSport, ou jeux vidéos en compétition, englobe le regroupement de joueurs de jeux vidéos dans des arènes virtuelles, et parfois physiques, avec à la clé, un secteur d’activité dont le chiffre d’affaires explose et dont le système économique se met en place », énonce Désiré Koussawo, directeur événementiel chez ESL (Electronic Sports League), l’un des principaux organisateurs de tournoi au monde. « Nous sommes persuadés que l’eSport va passer du mode joueur au mode show, fanclub et entertainment. »
Montellier et Nîmes
ESL a annoncé qu’il allait organiser 2 ou 3 événements de dimension internationale en France en 2017. Plusieurs villes sont déjà sur le rang pour accueillir une telle manifestation : Paris, qui reste le centre névralgique français pour l’esport, mais aussi Lille, Nice, Angers. En Occitanie, Nîmes s’est manifesté. « Ce sont les collectivités qui viennent à nous et non l’inverse, précise Désiré Koussawo. Cela peut se traduire par la mise à disposition d’un lieu ou la mise en place de campagne de communication, la mise en relation avec des sponsors régionaux. L’accord n’est pas nécessairement financier et la motivation de la collectivité est très importante. » La start-up montpelliéraine Stakrn se présente comme la 1re plateforme de soutien et de financement aux projets eSport & Gaming. La version bêta de son application est lancée à l’instant. Son président, Boris Bergerot, rêve de voir Montpellier sur les rangs pour accueillir un événement organisé par ESL. Des contacts ont eu lieu avec des représentants de la Métropole mais les choses avancent très doucement. « Pour l’instant l’écosystème de Montpellier n’est pas prêt pour faire quelque chose en 2016, sauf surprise », estime Désiré Koussawo. Deux points sont d’importance pour l’organisateur : les infrastructures de transport et les infrastructures techniques (internet).
Fan business
L’eSport est en pleine émergence et brasse des milliers de fans qui sont autant joueurs que spectateurs. La Corée du Sud est le leader incontesté de l'eSport. En Europe, l’un des plus gros tournois se déroule depuis 3 ans à Katowice en Pologne avec 12.000 personnes présentes chaque jour. Un représentant de Montpellier Events, la Sem qui gère l’Arena et le palais des congrès de Montpellier, est venu se rendre compte sur place et confirme le phénomène. « L’eSport y fait vivre toute une ville avec des retombées qui se compte en millions d’euros. Il y a le même phénomène en France avec des retombées sur l’activité économique locale », indique Désiré Koussawo. « Nous sommes bien dans une pratique compétitive rattachée au sport. De plus en plus de stars de la NBA s’investissent dans l’eSport et ils retrouvent les mêmes codes que dans leur sport », ajoute Sami Harbi, salarié chez Dell Montpellier et joueur reconnu.
Micro-secteur
On compte en France une centaine de joueurs professionnels, une trentaine ne vit que de cela. Au niveau des entreprises, une vingtaine s’est spécialisée sur ce créneau. « La France essaye de se positionner sur un marché très concurrentiel. Nous sommes au début de quelque chose de très intéressant mais de très compliqué et divisé qui doit se structurer », analyse Boris Bergerot de Stakrn. Des sociétés comme le Montpelliérain Vogo Sport (application permettant de revisualiser un événement sportif) voit aussi de belles perspectives dans la fan expérience : « Vogo est destiné à enrichir l’expérience des spectateurs mais c’est aussi une façon pour les marques de s’associer à des événements ». Les clubs de foot se penchent aussi sur le berceau de l’eSport : « ils veulent se diversifier et toucher un grand public. C’est une énorme audience, un public qui consomme sans compter. Fan, chiffres et audience sont là et pour les clubs, cela représente un investissement minime », ajoute Sami Harbi. Même l’Etat s’en mêle avec l’association FranceSport créée récemment, qui doit aider à structurer l’eSport et ses acteurs.










