Energaïa : mobilisation record pour les énergies renouvelables
Dédié aux énergies renouvelables (EnR), le forum Energaïa qui s’est tenu à Montpellier (7 et 8 décembre) a connu une fréquentation record avec 370 exposants et 13 000 visiteurs dont 10 % internationaux (7 500 en 2021). Cette 16e édition, qui s’est tenue sur fond de crise énergétique, a été l’occasion de mettre en avant les offres des opérateurs (solaire, éolien, géothermie, biomasse, hydrogène, biocarburant), mais aussi de formation pour répondre aux enjeux énergétiques des bâtiments et des mobilités. Toutefois, face à l'accélération de la production d’EnR voulue par l’État, professionnels et élus s’inquiètent des dérives réglementaires qui pourraient freiner le déploiement de la filière, en témoigne le cluster Cemater.
Accélération des projets EnR
La filière des énergies renouvelables est portée en Occitanie par l’ambition de la Région de devenir une région à énergie positive à horizon 2050. « La présidente de la collectivité, Carole Delga, nous pousse même à accélérer ce calendrier », indique Jean-Luc Gibelin, vice-président délégué aux mobilités et aux infrastructures de transport. La collectivité n’a pas attendu la crise énergétique pour créer des leviers visant à accélérer les projets d’énergies renouvelables. Elle s’est même dotée d’un outil, l’agence régionale énergie et climat (Arec) Occitanie qui s’active à lever les verrous financiers ou techniques pour faciliter la réalisation de projets et tendre vers la structuration d’une filière en Occitanie. « Le contexte de crise énergétique pousse à massifier la production d’énergie renouvelable afin de gagner en souveraineté notamment sur les territoires », souligne Stéphane Péré, DG de l’Arec Occitanie. « En facilitant les montages techniques et financiers, l’Arec accompagne la transition énergétique des collectivités et offre un cadre incitatif aux entreprises privées sans détériorer leur compétitivité, souligne Christian Assaf, président de l’Arec Occitanie en marge du salon. Ombrières d’Occitanie enregistre déjà plus de 80 projets répartis sur le territoire. Plus de 1 100 projets de rénovation de bâtiments publics ont été soutenus. Nous accompagnons aussi la communauté de communes Terre de Camargue dans ses projets face aux enjeux climatiques et énergétiques, notamment concernant la station littorale du Grau-du-Roi. À Llupia dans les Pyrénées-Orientales, nous soutenons le projet agrivoltaïsme d’un producteur de poires. Nous avons aussi soutenu Villeroy&Boch pour décarboner son process industriel etc (cf encadré, NDLR) ». L’Arec Occitanie est présent sur les projets liés à l’hydrogène, autre axe fort de la Région, avec les projets de Corridor H2 ou encore Hyd’Oc à Port-la-Nouvelle (11).
Un espace métiers et formations
Sup’Enr, BTP CFA d’Occitanie, IMT Mines d’Alès, Greta, Afpa, Ecole nationale d’ingénieur de Tarbes, CFA Ensup LR etc, nombre d’organismes de formation (du CAP au diplôme d’ingénieur) étaient présents sur le salon aux côtés de Pôle Emploi, partenaire de l’événement. Avec le développement des énergies renouvelables le besoin de compétences s'accélère aussi. « Les compétences requises par les entreprises investies dans la transition énergétique sont souvent transversales aux métiers du bâtiment, explique Samia Bru, directrice développement marketing et communication de BTP CFA Occitanie. C’est pourquoi nous développons une acculturation aux énergies renouvelables à travers la sensibilisation de nos apprenants, qu’ils soient jeunes ou en reconversion professionnelle. Nous proposons aussi des mentions complémentaires en énergie renouvelable (niveau bac) pour des métiers de techniciens en photovoltaïque, éolien, géothermie. Nous enregistrons un taux d’insertion de 94 % dans cette filière. »
Professionnels et élus en alerte sur le projet de loi EnR
Le projet de loi sur l’accélération de la production d’énergies renouvelables a été débattu à l’Assemblée nationale (5 décembre) à la veille du salon Energaïa. « Accélération veut dire prise en compte des contraintes réglementaires, déjà nombreuses, que rencontrent les porteurs de projets (énergéticiens et élus concernés, NDLR). Dans le contexte climatique et géopolitique où nous sommes, il n’est pas possible d’alourdir encore ce mille-feuille administratif, indique dans un communiqué Stéphane Bozzarelli, président du cluster Cemater qui réunit les acteurs de la filière en Occitanie. Nos adhérents sont inquiets mais les élus locaux, concernés par un projet d’énergie renouvelable le sont tout autant. Le projet de loi prétend leur donner plus de pouvoir mais il crée plus de complexité et de contraintes : ils se retrouvent ainsi dépossédés de toute marge de manœuvre pour participer au développement de leurs territoires. »










