Économie de demain : plus de réussite économique sans sobriété énergétique
Plusieurs dirigeants régionaux réfléchissent à la conciliation entre performances économique et énergétique lors des Universités de l’économie de demain, le 18 octobre à Montpellier. « La valeur d’une entreprise est encore vue à l’aune des résultats financiers. La moitié du chemin sera faite quand la donnée extra-financière fera le même poids que la donnée financière », pointe Julien Denormandie Chief impact officer de la greentech montpelliéraine Sweep. Introduisant la récente offre de la start-up pour verdir les portefeuilles d’investissement, l’ex-ministre de l'Agriculture pointe la future réglementation européenne. « Bientôt le monde financier n’aura plus le droit de faire des investissements sans en mesurer l'impact. »
Impératif économique
Toujours sur le versant de la performance extra-financière, le directeur d’Asics France, Samih Khalef, indique que la sobriété énergétique répond désormais à un impératif économique. « Le coût de l’énergie va être primordial. Il existe dorénavant une demande forte des salariés sur la sobriété. » Selon le dirigeant, qui emploie 150 personnes dont 70 au siège de Lattes, la performance écologique pourra aussi fidéliser les talents. « En entretien de recrutement, la question du salaire est dorénavant moins abordée. Les futurs collaborateurs s’interrogent plus sur le mode de fonctionnement de l’entreprise et sur sa responsabilité. » Le dirigeant reconnaît toutefois qu’il est plus compliqué pour une société internationale d’appliquer des process à l’échelon local. « Cela limite les marges de manœuvre et il faut se coordonner entre les différentes zones géographiques par rapport aux directives du groupe. »
Deux temporalités
Interrogé par La Lettre M le 17 octobre au sujet de la crise énergétique en cours, Samih Khalef assure que le groupe Asics s’inscrit dans deux temporalités. « Il y a d’abord un temps long. Le groupe s’est engagé à la neutralité carbone à horizon de 2050 et à réduire de 60 % les émissions de CO2 d’ici 2030. À court terme, nous nous évertuons à appliquer une sobriété sur la consommation énergétique de nos magasins et de nos entrepôts. » Le siège de Lattes d’Asics France est par ailleurs certifié Breeam (BRE Environmental Assessment Method, NDLR). Le référentiel de certification britannique vise à réduire l’impact énergétique et à évaluer en continu la performance énergétique du bâtiment. Le groupe a aussi entamé des réflexions communes, en tant qu’adhérent à l’Union sport et cycle, regroupant les entreprises françaises de la filière du sport. Celles-ci portent sur une livraison plus vertueuse avec la production de cartons recyclables ou l’usage des mobilités électriques. Les discussions portent également sur la réduction de l’impact des enseignes lumineuses par l’utilisation d’une électricité propre.
Sans compromis
Enseigne nationale spécialisée dans le point de retrait sans déchets, la société toulousaine Le Drive tout nu applique cette sobriété dans la grande distribution. La cofondatrice Salomé Géraud, qui a levé 5 M€ en juin indique que « la sobriété ne doit pas faire l’objet de compromis. La comptabilité entre performance économique et écologique est source de tension, mais le temps n’est plus à réagir. »










