Languedoc-Roussillon
Eau : Montpellier devient pôle de compétitivité « à vocation mondiale »
Le CIADT (Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire) réuni le 11 mai sous l’égide du premier ministre François Fillon valide le projet de création d’un pôle de compétitivité « à vocation mondiale » dédié à l’eau porté par la filière régionale et organisé autour du « Cluster Eau »*. Basé à Montpellier et axé sur les écotechnologies de l’eau, ce nouveau pôle coordonnera plusieurs structures implantées en Midi-Pyrénées, L.-R. et PACA spécialisées dans la localisation, l’extraction, la gestion rationnelle des usages et l’assainissement. Le pôle sera par ailleurs appelé à jouer le rôle de coordinateur des actions engagées par deux deux autres pôles labellisés hier et positionnés sur la même thématique : pôle « gestion des eaux continentales » en région Alsace-Lorraine et pôle DREAM « Eaux et milieux » en région Centre.
Vers une reconnaissance internationale du savoir-faire régional
Le choix du gouvernement vient donc confirmer la pertinence d’un dossier soutenu depuis trois ans par de grands groupes privés (IBM, Nestlé Waters, Suez Environnement, Egis Eau ou Veolia Environnement), des établissements de recherche (BRGM, CNRS, Cemagref, Ecole des Mines d’Alès, Ecole nationale supérieure de chimie de Montpellier, INRA, Supagro Montpellier,…), des organismes nationaux (Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, institut méditerranéen de l’eau, Afnor, …) et des collectivités territoriales (Montpellier agglomération, région Languedoc-Roussillon). Trois axes stratégiques ont d’ores et déjà été définis, conformément aux échéances de la Directive européenne sur l’eau et aux objectifs de développement du Millénaire fixés par les des Nations-Unies : identification et mobilisation des ressources superficielles et souterraines, gestion concertée des ressources en eau et des usages, réutilisation des eaux de toutes origines.
Une annonce qui devrait doper l’ensemble des acteurs régionaux positionnés sur un marché de l’eau promis à une forte croissance. À l’échelle mondiale, les métiers de l’eau pèsent en effet plus de 200 Md€. En France, 120 000 emplois sont concernés. La direction du pôle devrait être confiée à Sébastien Fonbonne, le directeur de l’association VERSeau.
* Le cluster regroupe des industriels tels que BRL et les membres de l’association Swelia (66 sociétés de la filière eau dont 90 % de PME), des organismes de recherche et d’enseignement comme l’Institut languedocien de recherche sur l’eau et l’environnement (ILEE) et les membres de l’association VERSeau Développement soit près de 600 chercheurs, 4 000 salariés et un CA global de 600 M€.
Les réactions
Claude Baland, Préfet de région
« La labellisation de ce nouveau pôle régional va permettre de fédérer grands groupes, PME et laboratoires de recherche. Il s’agit de valoriser et de développer le savoir-faire français dans le domaine de l’eau dans un contexte de diminution de cette ressource. Un label qui va également générer de nouvelles sources de financement significatives pour nos entreprises. Un plus pour l’emploi en L.-R. »
Georges Frêche, président du conseil régional Languedoc-Roussillon
« La région s’est fortement impliquée pour concrétiser l’émergence d’un pôle de compétitivité dans le domaine de l’eau à Montpellier. Les nombreux acteurs de cette filière en région, déjà regroupés, constituent un potentiel exceptionnel de recherche, d’enseignement et de développement de l’innovation qui est aujourd’hui reconnu. L’obtention de ce label
pôle de compétitivité à vocation mondiale représente un atout considérable. Il permettra d’attirer de nouvelles entreprises et de créer de l’emploi, de mutualiser des travaux de recherche avec des chercheurs du monde entier, de proposer de nouvelles formations spécifiques… A l’heure ou l’eau devient un enjeu mondial et en premier lieu sur le bassin euroméditerranéen, je suis fier de la place que prend la région, véritable laboratoire de recherche qui contribuera à préserver la ressource en eau et à mieux gérer son utilisation. »
Jean-Pierre Moure, premier vice-président de Montpellier agglomération
« Je suis particulièrement satisfait de la création de ce Pôle mondial de compétitivité, qui est l’aboutissement d’un travail de longue haleine (...) Montpellier agglomération, fédérateur de cette filière eau, avait organisé en novembre 2009 aux Pays-Bas et en Belgique, une mission de développement économique réunissant déjà les principaux acteurs, chercheurs et dirigeants d’entreprises, créant ainsi une réelle dynamique. Celle-ci a été confortée par la reconnaissance d’IBM Montpellier, fin 2009, en tant que centre d'excellence pour la gestion de l'eau ».
Damien Alary, président du Conseil général du Gard, vice-président de la Région Languedoc-Roussillon
« La création de ce pôle est la récompense d’un travail commun d’une trentaine d’années des collectivités locales et acteurs de la filière eau. De l’association Vers’eau, à la création du cluster eau en 2008 en passant par le contrat « Agir pour l’eau pour en Languedoc Roussillon », nous nous sommes tous retrouvés dans cette aventure, la Région Languedoc Roussillon et les 5 Départements, qui la composent, ainsi que les Régions PACA et Midi-Pyrénées qui se sont également investis dans ce projet. Ce partenariat a aujourd’hui porté ces fruits. Nos territoires pourront s’appuyer sur ce pôle pour être à la pointe en matière de gestion de ressource en eau et de prévention des risques inondations. »
Louis Pouget, vice-président de Montpellier agglomération en charge de l'eau et l'assainissement
« L’obtention de ce label va nous permettra de coordonner plusieurs structures existantes implantées en région Midi-Pyrénées, Paca et Languedoc-Roussillon afin de préparer des solutions d’avenir et de développer l’emploi et la compétitivité des acteurs économiques sur ce marché très porteur. Car par-delà la mise en réseau de ces différentes structures, ce pôle bénéficiera de ses propres connexions internationales, que ce soit en Europe ou au niveau mondial. Il est par ailleurs appelé à devenir un véritable laboratoire, où l’on pourra tester en grandeur nature les technologies du futur se rapportant à la gestion de l’eau, en mettant en avant les compétences françaises dans ce domaine. Une réelle opportunité avant le Conseil mondial de l’eau qui doit se tenir à Marseille en 2012. »
Benoît Gillmann, PDG de Bio-UV
« Cette reconnaissance constitue un challenge considérable à l’heure où 1,2 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et où 2,5 milliards sont éloignés d’un réseau d’eau. A nous de mettre en place les synergies entre PME, grands groupes et laboratoires pour partir ensemble à la conquête de nouveaux marchés."










