Du vin au parfum, Inessens décline ses étiquettes
4,5 milliards. C'est le nombre d'étiquettes imprimées chaque année par les neuf sites de fabrication du groupe audois Inessens (300 salariés). L'entreprise, dont le siège est à Montréal de l’Aude, est dirigée par Eric Groshens, son fondateur (DG : Laurent Lechat). D'ici à cinq ans, le chiffre d'affaires du groupe devrait friser les 100 M€, soit le double de celui que le groupe s'apprête à réaliser en 2020. 55 M€, en baisse de 4 à 6 % en raison de l'impact de la Covid-19 sur l'activité des clients d'Inessens. Aujourd’hui majoritairement viticole (40 %), la clientèle d'Inessens vient aussi du marché des spiritueux (20 %), de l'agroalimentaire (10 %), ainsi que la cosmétique (20 %), dernier secteur sur lequel l'entreprise audoise s'est investie.
Des sites complémentaires
Né dans « le plus grand vignoble du monde », Inessens a démarré son activité par les étiquettes de vin, avant de se diversifier grâce à des acquisitions. Huit à ce jour. En matière de croissance externe, Eric Groshens ne s’arrêtera pas là. D'abord attentif aux opportunités sur le marché français, il regarde aussi vers l'international. Parmi les pays visés, la Grande-Bretagne : « Avec le Brexit, il va y avoir de plus en plus d’import de vin en vrac, explique le dirigeant. L’embouteillage, et donc l’étiquetage, se fera alors sur le sol britannique. »
Le dernier tournant en date pris par l'imprimeur en matière d'expertise est celui des étiquettes pour le secteur de la parfumerie et de la cosmétique. En 2019, il rachète les étiquettes Michel Haas, « une entreprise référente dans la cosmétique premium », et la même année, l’imprimerie TLS pour son « savoir-faire dans l'étiquette à usage médical ». Les deux sont en région parisienne. Parallèlement, dans le Sud de la France, Inessens rachète Art & Sens (Grasse), experte des marchés de la cosmétique et du luxe et « tout ce qui est lié à la communication olfactive ainsi que les étuis », ainsi que les Étiquettes de Provence (Vallauris). Ces sites rejoignent Aset (Montréal de l'Aude), « spécialisé dans la fabrication d'étiquettes sèches »; Bidoit (Cognac), acquis pour sa connaissance du marché des spiritueux et « premier imprimeur à démocratiser la dorure à chaud » ; Roy (Bourgogne), « capable d’honorer une commande de vingt étiquettes ! » ; Digit Labels (Bordelais), « qui répond à la demande de nos clients pour de petites et moyennes séries » et Roubey (Orange), réputée pour son expertise en repiquage.
Convergence d'univers
Chaque année, 17 % du CA sont réinvestis dans la R&D, mettant à profit les spécificités de chaque site. « Par exemple, en mariant les codes de la cosmétique - une grande technicité sur les couleurs, des étiquettes assez lisses - , à ceux du vin - beaucoup plus de matière, une sensibilité au toucher -, nous offrons à nos clients une occasion de se différencier et de casser les codes », explique Eric Groshens, assurant avoir d'autres innovations à venir.










