« Dieselgate » de Volkswagen : l’inquiétant rapport d’un chercheur de la Toulouse School of Economics
Et si l’affaire « Dieselgate » de Volkswagen* n’était qu’une goutte d’eau dans un océan de tricherie ? C’est en tout cas la conclusion de travaux de recherche menés par Mathias Reynaert, professeur à la Toulouse School of Economics, et son co-auteur James Sallee (Université de Berkeley, Californie). Tous deux ont comparé les émissions de CO2 annoncées par des constructeurs et celles relevées réellement sur leurs véhicules. Leur verdict : « On observe que les émissions de CO2 sont en réalité bien plus élevées que lors des tests. En 2004 cette différence entre consommation annoncée et relevée était de 10 %, un taux qui n'est pas alarmant. Cependant, cet écart s'est creusé et est depuis 5 ans à plus de 40 %. » Des trucages qui ne se limitent pas à l’entreprise allemande ou aux émissions de particules fines et qui, selon les chercheurs, sont directement liés à la pression que les normes européennes exercent sur les constructeurs. Et de conclure : « Pour mettre fin à ces pratiques, il faut que les autorités mettent en place des contrôles plus réalistes de la consommation, possiblement réalisés par un tiers. »
* Le constructeur allemand a admis l’an dernier avoir équipé ses véhicules diesel, vendus aux États-Unis, d’un logiciel capable de truquer les résultats de tests anti-pollution. Des poursuites sont en cours dans plusieurs pays.










