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Hérault
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Immobilier
| 19/04/2010

Des prix déconnectés du budget des ménages, selon Christophe Jay (Fnaim)

« Les prix de l’immobilier ont peu varié, les prix n’ont baissé que d’environ 10 % en deux ans, ce qui est curieux vu la violence de la crise économique, déclare Christophe Jay, président de la Fnaim de l’Hérault, à La Lettre M. Le volume des transactions s’est, lui, effondré : - 30 % du volume de transactions en 2009 , parfois - 50 %. » La Fnaim de l’Hérault a perdu en deux ans environ 80 adhérents, et en compte à ce jour 330. « Je sens un refrémissement de reprise sur la bande littorale, les villes périphériques de l’Hérault les moins chères et dans certains quartiers de Montpellier. » Un signe : « Depuis fin février, des dossiers d’installations installations d’agences nous parviennent de nouveau. Le pire est derrière nous. Les prix ont cependant trop peu baissé pour que le volume de transactions reparte très vite. » Christophe Jay s’inquiète du « décalage certain entre les prix de l’immobilier et la capacité de financer un bien pour un ménage moyen. Il y a une totale déconnexion entre les revenus des français et les prix de l’immobilier. Et cette crise n’aura pas permis de l’enrayer. J’observe très nettement des difficultés à acheter dans la région. Les nouveaux arrivants, que les politiques locaux mettent si souvent en avant, n’ont souvent pas beaucoup d’argent. Dans les couples, l’un des deux abandonne souvent son emploi pour venir au soleil. En termes de pouvoir d’achat, ça ramène à la vie parisienne, vu la hauteur des loyers et des prix et la perte d’un emploi. »

« L’immobilier ancien, grand oublié du plan de relance »
Christophe Jay ne cautionne pas la politique d’urbanisme de l’agglomération de Montpellier (cf. La Lettre M 1146, p.8). « Je me demande si la croissance doit répondre à l’offre ou si l’offre doit s’adapter à la croissance. Est-ce qu’on doit galoper derrière les gens qui viennent, sans savoir pourquoi ils viennent, avec quel plan de vie, quel projet ? Ou doit-on être au cœur d’une réflexion venant à dire : comment envisage-t-on, nous, d’accueillir les gens ? »
L’administrateur de biens préconise « un vrai statut du bailleur privé, qui n’existe pas aujourd’hui, et qui puisse prendre toute sa place dans la politique du logement, y compris du logement social. Nous considérons que les pouvoirs publics ne peuvent pas répondre au besoin de logement tel qu’il se fait sentir. Il faut inciter un retour sur le marché des logements anciens qui ne seraient pas loués, en sécurisant le bailleur et en faisant en sorte d’avoir des loyers modérés contre les avantages fiscaux - suppression de la taxe foncière, sortir de l’assiette de l’ISF des biens qui seraient loués à but social. C’est du donnant donnant : sécurisation du bailleur, engagement à louer sur des plafonds de loyers en zones denses. Ce lobbying se fait au niveau national et nous le retranscrivons au niveau local. C’est particulièrement important ici, dans une région très sensible au niveau de l’accueil des gens et des besoins en logements. »
D’après Christophe Jay, les adhérents de la Fnaim regrettent amèrement « que l’immobilier ancien ait été le grand oublié du plan de relance. Sans doute parce qu’on pèse virtuellement moins lourd sur le plan social que la promotion immobilière, mais c’est une erreur. La promotion draine le bâtiment et les TP, nous l’artisanat. La revente dans l’immobilier amène du travail aux artisans. »
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