Fil infos

Languedoc-Roussillon
| | 27/10/2010

Des milliers de Languedociens rendent un dernier hommage à Georges Frêche

Environ 5 000 personnes ont assisté mercredi matin à Montpellier aux obsèques de Georges Frêche, ancien maire socialiste de Montpellier de 1977 à 2004, président en exercice de la Région Languedoc-Roussillon et de Montpellier Agglomération, jusqu’au 24 octobre 2010, jour de son décès.
La dépouille de Georges Frêche a été longuement applaudie par la foule, au moment de son arrivée, vers 10h30, puis de son départ en fin de matinée vers Puylaurens, village du Tarn où il est inhumé.
Estafettes des chaînes de télé BFM, Canal + et Itélé sur le parvis de la cathédrale, circulation coupée sur le boulevard Henri IV, drapeaux des édifices publics en berne, présence du sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb, de l’acteur Gérard Depardieu, de Harlem Désir, n°2 du Parti socialiste… L’événement a pris la dimension nationale que Georges Frêche aurait tant aimé avoir de son vivant.
En fin de cérémonie, son ancien chauffeur, Raymond Dugrand, qui fut son adjoint à l’urbanisme de 1977 à 2001, Gérard Collomb et Gérard Depardieu, qui a lu un texte de Saint-Augustin, ont pris la parole, avec le souci commun de laver l’homme des accusations de racisme ou d’antisémitisme dont il a fait l’objet ces dernières années - s'il a été exclu du PS en janvier 2007, il n'a jamais été condamné.

Gérard Collomb : « Je regrette qu’il n’ait pas pu porter au niveau national ce souffle qu’il avait apporté à votre ville »

« La mort a emporté Georges ce dimanche, alors qu’il était au travail, dans son bureau du conseil régional, a déclaré Gérard Collomb. La dernière fois que je l’ai vu, c’était le 23 février 2010 (pendant la campagne des régionales, ndlr), pour lui apporter mon soutien face à des attaques que j’ai trouvées profondément injustes. Les journalistes parisiens étaient venus voir le provocateur. Ils ont découvert un homme érudit, détaillant son programme économique pour la région. Je les ai vu déçus car en manque de matière pour fabriquer leur papier, mais admiratifs de l’homme qu’ils étaient en train, pour la plupart, de découvrir. Oui, Georges Frêche était un provocateur. Mais, pour reprendre la phrase de Bertolt Brecht : ‘La provocation était pour lui une façon de remettre la réalité sur ses pieds.’
Les Harkis ? Georges Frêche les a toujours défendus, en tant que député, à l’Assemblée nationale, avec détermination. Il aimait profondément les Harkis. Il n’était pas non plus antisémite (le drapeau israélien flotte sur le parvis de l’Hôtel de Ville, ndlr).
»
Et si le « bâtisseur visionnaire » n’a pas eu de destin national, c’est, d’après le sénateur-maire socialiste de Lyon, « parce qu’il n’a pas voulu se fondre dans un moule, pour ne pas perdre son âme. Je suis de ceux qui regrettent qu’il n’ait pas pu porter au niveau national ce souffle qu’il avait apporté à votre ville, Montpellier, et à votre région. »

Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie