Cyril Brun (BPS) : « Nous prévoyons de délivrer au moins 1 Md€ de crédits d'investissement en 2022 »
Pur produit Banque Populaire depuis 1995– Cyril Brun est le directeur général de la Banque Populaire du Sud depuis octobre (BPS, 232 agences, 2 203 collaborateurs, produit net bancaire : 383,5 M€, siège à Perpignan - 66)*. Confiant quant au dynamisme de l'activité économique en 2022, le successeur de Pierre Chauvois affiche son ambition de soutenir, à un niveau élevé, les investissements des entreprises.
Sonnées par la pandémie, les entreprises sont-elles prêtes à investir de nouveau ?
Bon nombre de dirigeants ont affiché leur volonté d’investir afin d’accélérer leur transition énergétique ou digitale, de se positionner sur de nouveaux marchés ou encore de faire de la croissance externe. Au sein de BPS, environ 1 Md€ de crédits d'investissement, hors PGE (prêt garanti par l’État, NDLR), ont été distribués en 2021, contre 750 M€ en 2020 et 817 M€ en 2019. Pour 2022, nous prévoyons d’atteindre, a minima, le même niveau que l’année dernière. Au niveau national, en 2021, les encours de crédits d’investissement, toujours hors PGE, octroyés par les établissements bancaires ont progressé de 5 % sur un an.
Justement, le ministre de l’Économie a évoqué un aménagement pour le remboursement du PGE sur dix ans. Un vrai coup de pouce pour les entreprises ?
Cet aménagement est bien sûr une bonne chose, mais il faut souligner qu’il ne sera possible que dans les cas les plus sensibles. Il sera accordé sous l’égide du médiateur du crédit de façon très ciblée. Et cela aura un impact sur les cotations que fait la Banque de France. Quoi qu’il en soit, je dirais qu’un tiers seulement des PGE que nous avons octroyés depuis le début de la crise sanitaire – au total 1 Md€ de prêts – a été effectivement consommé par les entreprises. Le reste est un matelas de sécurité conservé sur leurs comptes. Et 80 % de nos clients ont choisi d’amortir leur PGE sur quatre à cinq ans. Globalement, la trésorerie de ces entreprises est donc relativement solide. La crainte d’un surendettement des sociétés n’est pas justifiée.
Expliquez-moi les enseignements pour rebondir après 2020 ?
Il faut accroître la proximité entre le banquier et son client. Jusqu’à présent, le banquier disait « montre-moi ton bilan de l’année passée et je te dirai ce que je peux t’accorder ». Chez BPS, dès 2021, nos équipes ont tout de suite opté pour une nouvelle dynamique considérant que 2020 est une année exceptionnelle, à ne pas prendre en compte. Ainsi, nos banquiers disent maintenant à leurs clients : « Je sais que votre bilan 2020 a été impacté, partageons vos éléments sur la situation d’avant crise, l’actualité 2021 et sur vos projets 2022 pour mieux vous accompagner. » Cela implique deux révolutions : la première dans la grille de lecture du banquier, la seconde dans la volonté des dirigeants à partager leurs informations avec leur banquier.
Depuis mars 2020, BPS a-t-elle tendance à privilégier - plus qu’auparavant - les secteurs résilients et porteurs tels que les énergies renouvelables (ENR) ou la santé ?
Oui, ces secteurs sont particulièrement porteurs et au cœur de nos ambitions. Pour autant si certaines banques, notamment les nationales, ont tendance à adopter des visions très sectorielles. Je ne partage pas ce point de vue. Il existe aussi des stratégies gagnantes (dans l'automobile, comme ailleurs, il y a plusieurs profils. Notre rôle est de faire du sur-mesure, d'entrer dans l'intimité stratégique du dirigeant pour se faire une idée claire des potentialités de son entreprise en termes de création de valeur. Et surtout de ne pas tomber dans les clichés sectoriels.
BPS vient de valider son plan stratégique à horizon 2024, que prévoit-il ?
Il est encore trop tôt pour le détailler car il doit être présenté à nos salariés courant janvier. Je peux toutefois vous indiquer que notre effectif devrait être maintenu à l’équilibre. Il y a environ une cinquantaine de départs à la retraite chaque année. Ceux-ci seront remplacés par des profils experts avec des compétences notamment sur les marchés entreprises et gestion privée, ainsi que sur les ENR ou encore l’agri-viti. Nous voulons offrir plus de proximité pour chacune des typologies de nos clients. Nous allons aussi investir pour rénover nos agences dans chaque territoire où nous souhaitons montrer que nous sommes présents. Nous n’hésiterons pas à ouvrir de nouvelles agences dans des bassins très dynamiques tels que Montpellier où notre développement est soutenu. Nous tenons à ce que notre présence multi-sites sur de grands bassins soit renforcée d’ici à 2024.
Sur le plan macro-économique, le PIB de la France a bondi en 2021, de l’ordre de 6 à 7 %, que prévoyez-vous pour 2022 ?
Je table sur une croissance très soutenue de l’ordre de 4 à 4,5 %, soit trois fois plus importante que la croissance moyenne en France sur les trente dernières années. Les raisons de ce pronostic ? La consommation des ménages reste soutenue, leur pouvoir d’achat a été relativement préservé. Par ailleurs, toute crise est une période de transformation majeure.
* Territoires couverts : Pyrénées-Orientales, Hérault, Gard, Aude, Ariège, Lozère, Ardèche.









