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Région Occitanie
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| 24/04/2020

[Covid-19] Samuel Cette (CPME) : « Les banques ne déclarent que la moitié des refus de PGE »

La CPME Occitanie a réalisé une enquête auprès de ses adhérents ayant sollicité un prêt garanti par l'Etat (PGE). Selon Samuel Cette, président du syndicat patronal, près de la moitié des refus ne sont pas déclarés par les banques, car réalisés avant instruction effective des dossiers. Interview.

Tout d'abord, quel regard portez-vous sur la pertinence des PGE ? Sur le papier, l'outil vous semble-t-il répondre aux besoins des entreprises, dans cette période ?
Absolument. Je dirais même que c'est un outil extraordinaire, qui correspond parfaitement au contexte de confinement. D'ailleurs, nous nous sommes très tôt félicités de la mise en place de ce dispositif.

Néanmoins, selon votre enquête, tous les refus de PGE n'apparaissent pas dans les statistiques. Pour quelle raison ?
En effet, notre enquête (réalisée auprès de 586 entreprises régionales ayant sollicité un PGE, NDLR) montre que près de la moitié (48 %) des refus ne sont pas déclarés par les banques. Car ils sont en réalité intervenus avant même l'administration des dossiers. Ils n'apparaissent donc pas dans les statistiques officielles. Il est important de rappeler que l'on parle ici d'enveloppes financières relativement modestes. Avec les PGE, nous ne sommes pas en train de jouer la vie des banques ! Soyons clairs : le fait que les refus n'apparaissent pas dans les radars ne relève pas à notre sens d'une quelconque malveillance de la part des banques. Elles ont un objectif quantitatif et, ne l'oublions pas, 10 % de risque à prendre. Elles font donc leurs choix. Mais il est important que le monde économique, avec en première ligne les syndicats patronaux et les acteurs consulaires, jouent un rôle de contre-pouvoir, dans ce contexte. Les entreprises les plus petites, dont les niveaux de trésorerie sont bien souvent les plus faibles, doivent être protégées. Nous sommes en relation étroite avec les agences bancaires. Pour le moment, elles ont eu la gentillesse de revoir favorablement leurs positions sur les cas que nous leur avons soumis. Mais le nombre de dossiers à traiter devient chaque jour de plus en plus important... Il y a urgence !

Pourquoi les entreprises ne font-elles pas davantage appel à la médiation du crédit ?
Nous constatons en effet que dans 79 % des cas, les chefs d'entreprise interrogés ne veulent pas recourir à la médiation du crédit. Ils ont peur d'attenter aux relations – relativement précaires – qu'ils entretiennent avec leurs banques. Dans leur vaste majorité, les entreprises régionales sont sous-capitalisées. Ainsi, dans la période actuelle, elles se retrouvent en grande difficulté. Les dirigeants sont pétrifiés, sans réelle capacité d'action. Et ils sont très dépendants de leurs banques...

Les TPE, qui représentent la grande majorité du tissu économique d'Occitanie, sont-elles finalement les grandes oubliées du dispositif PGE ?
Je ne dirais pas cela ainsi. Mais force est de constater que les montants moyens de PGE ne bénéficient pas aux TPE, qui représentent pourtant près de la moitié des emplois et 91 % des travailleurs non salariés de notre région. Cela ne nous surprend pas, malheureusement. Car lorsque l'on écoute les responsables nationaux, quels qu'ils soient, quand ils évoquent les entreprises, ils parlent de celles du Cac 40, en oubliant que les TPE constituent l'essentiel du tissu économique du pays.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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