Conseil métropolitain : le financement de la 3e ligne de métro crispe les débats
Alors qu'un surcoût potentiel de 300 M€ est évoqué, la question du financement de la 3e ligne de métro crispe l'opposition le 20 octobre en conseil métropolitain. Sacha Briand, vice-président de Toulouse Métropole chargé de la modernisation de la collectivité et des finances, assure qu'un nouveau point d'étape sera fait sur le projet début 2023. « D'ici là, il y aura eu trois rendez-vous importants, indique-t-il. Tout d'abord, la conclusion du contrat de service public avec la régie Tisséo qui nous donnera une visibilité de sept ans. Mais aussi le rendez-vous du prix de l'énergie ; nous espérons en la matière des compensations de la part de l’État. Enfin, nous devrions avoir des informations claires sur le coût de la 3e ligne. »
Le surcoût porterait la facture totale du projet toulousain à près de 3 Md€.
« Un gouffre financier », dénonce l'opposition
Pour le groupe Métropole écologiste, solidaire et citoyenne, Isabelle Hardy soulève la question de la « soutenabilité financière du projet » et insiste : « Même en croyant aux miracles, cette ligne ne verra le jour qu'en 2030, voire 2032. Et en attendant, il ne se passera rien ? Il y a urgence à proposer des modes de transports alternatifs. C'est la raison pour laquelle nous soutenons l'idée d'un RER toulousain. » Chez Alternative pour une métropole citoyenne, Aymeric Deheurles enfonce le clou - « La 3e ligne de métro va être un gouffre financier impactant tous les autres projets » -, tandis que Caroline Honvault interpelle directement la majorité métropolitaine : « Nous regrettons que vous vous obstiniez à poursuivre vos projets pharaoniques, alors que tout démontre qu'on n'y arrivera pas. Notre collectivité se précipite dans un mur. Vous êtes en train de ruiner la métropole ! » De son côté, Pierre Lacaze, élu au sein du groupe Toulouse Métropole solidaire de la gauche démocrate et républicaine, en appelle au soutien de l’État et à un rapprochement avec la Région, le Département et les autres intercommunalités en vue de la constitution d'une société publique dédiée aux mobilités. « Il faut travailler à une autre échelle », estime-t-il.
Côté majorité, sur le fond, Sacha Briand se dit « persuadé que cette ligne sera structurante pour le rapprochement des territoires ». Quant au projet de RER toulousain, l'élu estime qu'il ne relève pas de la compétence de Toulouse Métropole. En réponse à son opposition, Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole, dénonce quant à lui « beaucoup de critiques toujours extrêmement virulentes, mais en réalité, très peu de solutions ».










