Comment la CCI 34 veut soutenir l’économie bleue du bassin de Thau
À l’occasion du lancement d’Escale à Sète, où 400 000 spectateurs sont attendus jusqu’à lundi, la CCI de l’Hérault (président : André Deljarry) a détaillé, à quelques mètres du navire L’Hermione, son plan d’actions pour vivifier l’économie maritime du bassin de Thau.
André Deljarry a égrené, aux côté de Jean-Claude Gayssot, président du port de Sète (propriété de la Région Occitanie), les atouts propres au territoire : un port en eau profonde, le nautisme, l’agroalimentaire, les cures thermales de Balaruc, le tourisme. Plusieurs groupes de travail sur l’économie de la mer, composés par des dirigeants d’entreprises, ont été mis en place : port de Sète et croisiéristes, les retombées sur le commerce de centre-ville, les produits de la mer et de la lagune, la plaisance, la filière du nautisme et les sports nautiques légers.
« Il faut trouver des circuits adaptés dans l’Hérault pour que les croisiéristes qui arrivent au port de Sète restent aussi dans l’Hérault , et n’aillent pas tous à la Cité de Carcassonne ou au Pont du Gard. Cela passe par une route des vins, la valorisation du patrimoine et des métiers d’art, avec la CCI, la chambre de métiers et la chambre d’agriculture, sous la houlette du Département. Il faut un package bien maîtrisé, en sachant que les croisiéristes achètent leurs excursions à bord. »
Jean-Guy Majourel, groupe de travail « destination Port de Sète »
« Le quai H et la mise à disposition du môle Masselin permettent une montée en puissance. Nous passons à 70 escales et 110 000 passagers en 2018, et l’objectif est d’atteindre 180 000 passagers à partir de 2020, ce qui pourrait apporter près de 20 M€ de retombées annuelles. Nous changeons d’échelle. Un tiers des croisiéristes restent dans le bateau, un tiers vont visiter d’autres sites et un tiers sortent en restant à Sète. »
Les profils international les plus présents sont les Anglais, les Allemands et les Américains.
Les retombées économiques pour le Bassin de Thau sont évaluées à 5,7 M€ en 2017.
Parmi les attentes : la mise en place d’un hotspot wifi, une signalétique touristique, des propositions d’excursions clé en main, et la question récurrente de l’ouverture des commerces le dimanche, une bonne partie des escales ayant lieu le dimanche. 65 % des commerçants sétois sont ouverts à une ouverture le dimanche, selon la CCI.
Véronique Britto (Azaïs Polito), groupe de travail « Industries agroalimentaires »
« Depuis Paris, on est connus pour nos problèmes : quotas de thons, fermetures administratives du Bassin de Thau... Je constate que beaucoup de pôles se sont montés sur l’Atlantique, et que Paris a un peu oublié la Méditerranée. Il faut valoriser davantage nos produits de la mer. Il faut se valoriser avant d’avoir des problèmes. Quand le bassin de Thau doit cesser sa production, on en parle beaucoup, parce qu’on n’a pas fait parler de nous en bien avant. Cela passe par des démarches collectives d’entreprises. Un plan d’actions a été validé le 9 mars par des professionnels, pour créer un pôle d’excellence de produits de la mer et de la lagune de Thau. » Les actions identifiées : synergies entre les actions commerciales existantes, promotion des produits auprès des prescripteurs et des restaurateurs, création de parcours pour la presse, de circuits d’excursion et de dégustation, publicité dans les sites touristiques stratégiques du territoire, accélération de la pénétration des produits locaux dans les grossistes, restauration hors domicile et grande distribution. « Escale à Sète est une association de bénévoles qui fait venir 400 000 personnes. Si eux le font, on doit le faire nous aussi ! »
Patrick Ceccotti a rappelé le projet de zone économique nautique (Zen), fédérant divers pôles : R&D pour les laboratoires et centres de recherche de haute technologie, fabrication (entreprises artisanales et industrielles), commercialisation et services pour les spécialistes de l’équipement de bateaux, événementiel (promotion d’évènements nautiques), école et formation. « Il s’agit de créer un écosystème du nautisme. L’enjeu est important : l’Hérault compte 250 entreprises dans le secteur du nautisme », indique-t-il, mais elles opèrent à ce jour en ordre dispersé.
Quant au projet Sealab, il consiste au déploiement de plateformes flottantes et connectées, pour observer les tendances des pratiques nautiques, tant des résidents que des touristes, tout en assurant la sécurisation de ces dernières et de l’environnement : zone de tests de nouveaux produits et usages, avec une forte intégration du numérique pour récolter des données.
André Deljarry a enfin annoncé la tenue d’un Visio Commerce Sète, destiné aux investisseurs commerciaux désireux de s’implanter, 18 septembre prochain.










