Le temps des Catalans, annoncé par Georges Frêche, l’ancien président de la Région L.-R. décédé dimanche dernier, est bel et bien venu. A l’issue d’une réunion des groupes de la majorité (communistes, MRC, Europe Ecologie, Radicaux de gauche, PS), ce jeudi après-midi à l’Hôtel de Région à Montpellier, Christian Bourquin, président du conseil général des P.-O., a été désigné comme l’unique candidat de la majorité, lors des élections qui se tiendront le 10 novembre. Sauf coup de théâtre, il succédera donc à Georges Frêche à la présidence de la Région L.-R. Robert Navarro prendra la place de premier vice-président.
La bataille a été serrée entre Damien Alary, président du conseil général du Gard (13 voix) et Christian Bourquin (18 voix). Mais passé le temps du vote et devant les caméras, les différents protagonistes ont posé ensemble pour afficher leur unité et leur volonté de poursuivre l’œuvre initiée par l’ancien maire de Montpellier. « Rien que le mot succession à Frêche est terrible à porter, on connaissait tous sa forte personnalité, ses capacités à entreprendre, à bosser, a déclaré Christian Bourquin (photo). On s’y met à tous pour lui succéder ! Aucun d’entre nous ne remplacera Georges Frêche, mais nous avons tous la volonté d’accomplir ce pour quoi nous avons été élus en 2010. On était déjà avec lui, évidemment, ce qu’il faisait, c’était avec nous. On est entrés en réunion à 14h30 et à 17h30, l’ensemble des forces de gauche avaient choisi leur président. Je suis fier du processus de démocratie locale qui s’est élaboré. Durant toute ma vie politique, commencée il y a 33 ans, j’ai toujours vu des stades , où j’ai dû lâché ce que j’avais entrepris avec succès pour entreprendre autre chose. Là, il me revient de succéder à Georges Frêche. C’est la plus lourde et la plus grande tâche que j’ai jamais eue jusqu’à présent. Si Frêche était là, il serait fier de nous. Le programme qu’a initié Georges Frêche, nous l’avons chacun travaillé et porté, rien ne changera, je vous mets à l’aise… »
Alary : « Pas d’amertume »
« Il n’y a pas de gagnant ou de perdant, il y a une équipe, je suis très serein, a enchaîné Damien Alary. J’avais décidé d’être candidat, je n’ai pas d’amertume ce soir, la démocratie s’est exprimée. Je serai demain dans la gouvernance de cette région en tant que chef de file du Gard, aux côtés du futur président, à la mémoire de Georges Frêche. »
Jean-Claude Gayssot, ancien ministre des Transports et vice-président de la Région L.-R. en charge des relations internationales, s’est félicité que « le choix de la sagesse et de la morale l’ait emporté sur les bisbilles politiciennes ou de personnes. Mais nous tenons à ce que les engagements pris devant les électeurs et devant le groupe communiste, soient tenus et respectés. Il ne doit pas y avoir de doute là-dessus. Il faut poursuivre sur une vraie politique de gauche, où le développement économique et le progrès social se conjuguent, sur le développement durable, sur la bataille pour le ferroviaire, pour la lutte contre les discriminations. »