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| 23/03/2026

Au terme d'une campagne tendue, Jean-Luc Moudenc est réélu à Toulouse

© Pour Toulouse

Au terme d’une campagne électorale particulièrement chahutée, le maire sortant DVD (ex-LR) Jean-Luc Moudenc retrouve finalement son siège au Capitole. Avec sa liste « Protégeons l’avenir de Toulouse », l’édile enregistre 53,87 % des suffrages au second tour, contre le candidat LFI François Piquemal – allié au socialiste François Briançon -, qui recueille 46,13 % des voix avec sa liste « La gauche unie ». La liste de l’actuel locataire du Capitole, où se côtoient des personnalités issues des rangs de la droite et du centre, mais aussi de la société civile, emporte ainsi 53 sièges au conseil municipal (contre 16 pour celle de François Piquemal) et 50 au conseil métropolitain (contre 15).

Les syndicats patronaux avaient pris position…
Pendant l’entre-deux tours, les syndicats patronaux avaient appelé à voter pour Jean-Luc Moudenc en vue de contrer le ticket composé de François Piquemal et François Briançon. Dans une interview exclusive accordée à La Lettre M, Pierre-Olivier Nau, président du Medef Haute-Garonne, avait ainsi assuré que voir LFI gagner le Capitole serait selon lui « un coup dur pour les entreprises », estimant qu’« en cas de victoire, LFI ferait de Toulouse un laboratoire de la décroissance ; ce serait une vitrine pour Jean-Luc Mélenchon ». De son côté, la CPME 31, présidée par Nicolas Durand, avait directement appelé « ses adhérents, dirigeants et leurs salariés à voter pour la liste de Jean-Luc Moudenc », estimant que « les décisions prises à l'échelle municipale ont un impact direct et durable sur l'activité des entreprises, de l'emploi local et l'attractivité du territoire ». Des prises de position patronales qui avaient alors fait réagir Jean-Luc Moudenc, quelques jours avant le second tour : « Le monde économique prend clairement position ; une grande première qui situe la gravité de l’enjeu. »

… et les syndicats de salariés aussi
Tandis que certaines voix patronales évoquaient le spectre d’une fuite des grands acteurs aéronautiques et spatiaux en cas d’élection d’un maire LFI, les syndicats de salariés du secteur avaient eux aussi exprimé durant l’entre-deux tours leurs préférences, avec des prises de position cependant contrastées. La CGT Airbus Defence and Space Toulouse avait déploré que « le patronat » ait « choisi son candidat et appelle ouvertement à voter Moudenc ». Avant d’ajouter : « Nous laisserons les salariés toulousains choisir dimanche s’ils veulent voter pour des candidats qui défendent l’intérêt des travailleuses et travailleurs ou bien pour un candidat qui défend les patrons et les actionnaires. » En revanche, la CFE-CGC Airbus avait exprimé sa « vive vigilance » face aux « discours prônant une décroissance ou une bifurcation industrielle forcée ». Pour le syndicat, « une instabilité locale ou des signaux hostiles à l’activité industrielle pourraient lourdement peser sur les décisions stratégiques futures ».

Le programme économique
Au cours de la campagne, Jean-Luc Moudenc a revendiqué conduire « la seule liste qui soutient l’industrie aéronautique, les entreprises et le développement économique », voyant dans son bilan un « gage de notre engagement sans faille aux côtés de ceux qui font la réussite de notre belle ville ». Dans le champ des transports, il souhaite « développer et moderniser les mobilités pour offrir à tous des déplacements fluides et sécurisés », tout en respectant « la liberté de choix du mode de déplacement ». Si la liste conduite par le maire sortant de la Ville rose et président de Toulouse Métropole met en avant ses réalisations – le développement du maillage de bus et de Linéo, le téléphérique urbain Téléo, les investissements liés au vélo, la future ligne C du métro… -, elle affirme sa position : « Nous refusons la chasse à la voiture ! ». Sur le front du développement économique, Jean-Luc Moudenc souhaite « faire de la Ville rose la capitale de l’emploi, de l’innovation et de l’industrie ». Et l’édile d’énumérer les réalisations passées : « Aucune hausse de la taxe foncière et de la cotisation foncière des entreprises depuis 2016, un plan de relance économique de 95 M€ pendant le Covid, 1 438 projets d’implantation d’entreprises depuis 2020, 4 254 créateurs d’entreprises accompagnés depuis 2020. » Parmi les projets du maire sortant pour le mandat à venir, on retrouve notamment la multiplication des implantations d’entreprises technologiques dans le territoire, la stabilité fiscale, une demande de dérogation à la Loi Zan pour l’implantation « de toutes les industries », la création d’un Conseil économique de Toulouse Métropole « rassemblant tous les acteurs économiques majeurs du territoire » et un soutien à l’inscription dans la loi de la présence des organisations patronales au sein de la gouvernance des Autorités organisatrices des mobilités.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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