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Pyrénées-Orientales
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Industrie
| 30/03/2022

Catana au défi de recruter pour faire face à ses commandes

Le constructeur de catamarans Catana, qui emploie 420 salariés, a besoin de recruter une centaine de personnes. « Nous devons livrer 400 bateaux en 2023, contre 280 cette année », a confirmé à La Lettre M Olivier Poncin, président de l'entreprise basée à Canet-en-Roussillon. Ce dernier a reçu le 23 mars dernier la visite de représentants de Pôle emploi dans le cadre de la semaine des métiers de la mer. Divers profils sont recherchés : menuisiers, électriciens, plombiers, mécaniciens… Des recrutements qui s'avèrent difficiles, « même si nous proposons des salaires nets de 20 à 25 % supérieurs », a confié le dirigeant, convaincu du besoin de faire évoluer le modèle de la formation pour fidéliser et faire avancer ses salariés.

En marge de cette rencontre avec Olivier Poncin, président, et Mathieu Turquand, directeur industriel du groupe, Philippe Soursou, directeur territorial de Pôle emploi Pyrénées-Orientales, a indiqué à La Lettre que « l’industrie nautique souffre d’un déficit de notoriété. L’acculturation du public est davantage tournée vers le tourisme, l’agriculture-viticulture, l’agroalimentaire. ». Fort d’un carnet de commandes qui s’est étoffé, le groupe Catana a lancé voilà quelques mois une première vague de recrutements qui a généré 170 candidatures. Au final, seulement une quarantaine de collaborateurs est restée sur le site. « Afin d’éviter le turn-over, le directeur industriel du groupe s’appuie sur nos outils tels que la méthode de recrutement par simulation comme préalable au recrutement », a expliqué Philippe Soursou.

Intégrer la formation à l'appareil productif
Selon lui, même si le territoire est doté d’un lycée et d’un institut dédié aux métiers nautiques (promotion de 12
 personnes en moyenne), « encore faut-il que la formation soit adaptée aux contraintes des lignes de production d’un constructeur de bateaux. Aujourd’hui Catana a une visibilité de carnet de commandes à 18 mois, a-t-il complété. L’industriel doit accroître sa capacité de production pour honorer ses commandes (environ 300 bateaux par an, NDLR) en réduisant le temps de la construction des bateaux avec un même niveau d'exigence qualitative ». Afin d’arriver à fluidifier la gestion des ressources humaines, « la solution serait d’intégrer de la formation dans l'appareil de production, adossée à une gestion prévisionnelle des RH. Il s’agira par exemple de valoriser des parcours sur des compétences spécifiques. Certains profils préalablement identifiés peuvent devenir des formateurs ou des relais des savoirs en interne », a conclu Philippe Soursou.

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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