Brexit : what's next ?
Les sujets de sa Majesté votent, à 51,9 % (soit 17.410.742 votants), le 23/6 pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Chute de la livre sterling, plongeon historique des marchés et des valeurs bancaires, annonce d’un plan d’urgence de 250 Md£ de la Banque d’Angleterre : les conséquences économiques du Brexit n’ont pas tardé à se faire sentir, dès ce vendredi 24 juin au matin.
Son impact devrait d’abord frapper le Royaume-Uni. Selon la banque UBP, le pays devrait entrer en récession au second semestre 2016 et en 2017 et subir une hausse (de 1 à 1,5 points) du taux de chômage (aujourd’hui de 5 %). « Les principaux secteur touchés seront l’immobilier, la banque, la publicité et l’industrie », prévoit la banque privée suisse.
En revanche, au sein de la zone Euro, le choc devrait se limiter à une baisse de seulement 0,2 points de croissance annuelle, toujours selon UBP, qui pointe les pays plus exposés : Pays-Bas, Allemagne, Belgique.
Si la France n’est pas en première ligne de cette déflagration, le monde économique régional redoute d’autres effets négatifs en cascade. « Pour les entreprises régionales comme la mienne (IGE + XAO, CA : 27,3 M€, 388 salariés, Colomiers, 31),qui disposent d’implantations en Grande-Bretagne, cela pose des questions, analyse à chaud le président de la CCI de Toulouse, Alain Di Crescenzo. Et les bourses sont en chute. Ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle pour les entreprises cotées du territoire. Nous sommes déstabilisés, et il ne faudrait pas que cela soit le premier d’une longue liste. Attention à l’effet domino ! »
Dans l’immédiat, les grands groupes régionaux s’apprêtent déjà à réduire leurs investissements outre-Manche. « C’est un résultat perdant pour le Royaume-Uni et l’Europe, observe le CEO du groupe Airbus, Tom Enders, dans un communiqué. J’espère que ce divorce se règlera dans l’optique de minimiser ses dommages économiques. Mais bien entendu, nous allons revoir notre stratégie d’investissements au Royaume-Uni, comme tout le monde. » Autre grand secteur économique occitan, les exportations agroalimentaires pourraient également souffrir, « notamment le vin et les produits laitiers, qui contribuent très nettement au solde commercial français », analyse de son côté l’Association nationale des industries alimentaires. Les pertes globales au niveau national s’élèveraient ainsi à 200 M€ pour le vin. Interrogé, Fabrice Rieu, le président du CIVR (conseil interprofessionel des vins du Roussillon), confirme que « le choix du Brexit va compliquer les relations commerciales notamment en matière douanière - la Grande Bretagne va-t-elle augmenter ses droits de douane ? Les seuils de transport d'alcool vont-ils évoluer ? -. En sortant de l'Europe, la Grande Bretagne devient un Pays Tiers, comme la Suisse, les États-Unis, la Chine, autorisant de fait les entreprises du monde viticole à solliciter l'aide de l'Europe pour attaquer ce marché à l'export. Un paradoxe. » Selon lui, l'interprofession attendra le cadre administratif et les remontées des besoins des entreprises pour agir.










