Bosch Rodez supprime 750 postes et tourne la page du diesel
Les syndicats de Bosch Rodez ont signé jeudi 9 décembre l'accord de transition actant la suppression de 750 emplois sur les 1 250 que compte le site spécialisé dans la fabrication de buses et d'injecteurs pour moteur diesel.
Jeudi 2 décembre, les salariés de l'usine Bosch, spécialisée dans la fabrication de pièces automobiles pour moteur diesel, installée à Onet-le-Château, près de Rodez, ont tranché. Ils étaient 87 % à accepter, lors d'une consultation soumise à un vote, les termes de l'accord de transition. Et ce jeudi 9 décembre, les quatre syndicats, CFE-CGC, CGT, Sud et CFTC, se sont alignés : ils ont signé cet accord – « très difficile à négocier en raison de la division des salariés sur ce sujet », commente Jérôme Pouget, délégué syndical Sud –, entérinant la suppression de 750 emplois d'ici à 2025 sur les 1 250 que compte l'usine. « Mon syndicat était contre mais on n'a pas eu le choix. Les salariés l'ont accepté en majorité, voulant éviter les licenciements, admet Jérôme Pouget. Nous avons quand même obtenu un prolongement jusqu'en 2028. » Ainsi, 450 salariés partiront en pré-retraite entre 2022 et 2025. Les autres, entre 120 et 150 salariés, sont des départs volontaires.
Dans cet accord, il est stipulé que la ligne de fabrication d'injecteurs sera définitivement arrêtée en janvier 2023. Mais les équipements de moteur diesel comme les bougies seront maintenus et devraient mobiliser entre 130 et 140 personnes. « Habituellement, nous en produisons 12 millions par an, et nous allons en fabriquer 15 millions en 2022. » Quant à l'activité de fabrication de buses d'injection, elle sera maintenue jusqu'à fin 2025. « Elle est une production tampon en attendant que FresH2 se développe », poursuit Jérôme Pouget.
Des questions autour de la diversification
En effet, la diversification de l'activité est un autre volet de cet accord. Ce projet d'assemblage de piles à combustible destinées à des moteurs à hydrogène de conteneurs frigorifiques, baptisé FresH2, est entré dans sa phase de prototypage avec le transporteur routier Carrier. Seulement, il est encore soumis à bien des interrogations, même si la production est attendue pour 2024 ou 2025, avec 250 salariés. « Quels seront les engagements financiers de l'État en matière de stations à hydrogène, de Bosch aussi, et du transporteur ?, s'interroge le délégué syndical. Et puis on craint que FresH2, si son activité fonctionne, soit délocalisé dans les pays où la main d'œuvre est moins chère. Et nous, on n'aura plus rien. »
Enfin, cet accord prévoit la réinternalisation des productions automobiles qui avaient été sous-traitées. Ce sont au moins six produits précédemment externalisés qui vont ainsi être confiés à l’usine de Rodez. Un seul d’entre eux est déjà connu : il s’agit d’un élément de colonne de direction (une barre de torsion) qui générera une dizaine d’emplois à plein temps.










