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Industrie
| 10/12/2021

Bosch Rodez supprime 750 postes et tourne la page du diesel

Les syndicats de Bosch Rodez ont signé jeudi 9 décembre l'accord de transition actant la suppression de 750 emplois sur les 1 250 que compte le site spécialisé dans la fabrication de ​buses et d'injecteurs pour moteur diesel.

Jeudi 2 décembre, les salariés de l'usine Bosch, spécialisée dans la fabrication de pièces automobiles pour moteur diesel, installée à Onet-le-Château, près de Rodez, ont tranché. Ils étaient 87 % à accepter, lors d'une consultation soumise à un vote, les termes de l'accord de transition. Et ce jeudi 9 décembre, les quatre syndicats, CFE-CGC, CGT, Sud et CFTC, se sont alignés : ils ont signé cet accord – « très difficile à négocier en raison de la division des salariés sur ce sujet », commente Jérôme Pouget, délégué syndical Sud –, entérinant la suppression de 750 emplois d'ici à 2025 sur les 1 250 que compte l'usine. « Mon syndicat était contre mais on n'a pas eu le choix. Les salariés l'ont accepté en majorité, voulant éviter les licenciements, admet Jérôme Pouget. Nous avons​ quand même ​obtenu un prolongement jusqu'en 2028. » Ainsi, 450 ​salariés​ partiront en pré-retraite entre 2022 et 2025. Les autres, entre​ ​1​2​0 et 1​50​ salariés, ​sont des départs volontaires.

Dans cet accord, il est stipulé que la ligne de fabrication d'injecteurs ​sera définitivement​​ arrêtée en janvier 2023. Mais les équipements de moteur diesel comme les bougies seront maintenus et devraient mobiliser entre 130 et 140 personnes. « Habituellement, nous en produisons 12 millions par an, et nous allons en fabriquer 15 millions en 2022. » Quant à l'activité de fabrication de buses d'injection, elle sera maintenue jusqu'à fin 2025. « Elle est une production tampon en attendant que FresH2 se développe », ​poursuit​ Jérôme Pouget.

Des questions autour de la diversification

En effet, la diversification de l'activité est un autre volet de cet accord. Ce projet d'assemblage de piles à combustible destinées à des moteurs à hydrogène de conteneurs frigorifiques, baptisé FresH2, est entré dans sa phase de prototypage​ avec le transporteur routier Carrier​. Seulement, il e​st​ ​encore soumis à bien des interrogations, même si la production est attendue pour 2024 ou 2025, avec 250 salariés.​ « Quels seront les engagements financiers de l'État en matière de stations à hydrogène, de Bosch aussi, et du transporteur ?, s'interroge le délégué syndical.​ Et puis on craint que FresH2, si son activité fonctionne, soit délocalisé dans les pays où la main d'œuvre est moins chère. Et nous, on n'aura plus rien. »

Enfin, cet accord prévoit la réinternalisation des productions automobiles qui avaient été sous-traitées. Ce sont au moins six produits précédemment externalisés qui vont ainsi être confiés à l’usine de Rodez. Un seul d’entre eux est déjà connu : il s’agit d’un élément de colonne de direction (une barre de torsion) qui générera une dizaine d’emplois à plein temps.

Anna Thiam / redaction.toulouse@lalettrem.net
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