Bosch envisagerait la fermeture de son site de Rodez selon les syndicats
Selon les organisations syndicales, l’avenir de l’usine Bosch d’Onet-le-Château, près de Rodez, serait menacé au vu des annonces faites aux représentants des salariés par la direction du groupe lors de deux CSE (comité social et économique). « La situation de l’usine est apparue plus compliquée que jamais, dans un contexte rendu très difficile par l’effondrement du marché des véhicules diesel et par un désengagement du groupe à amener de nouvelles activités sur notre site. Avec la crise sanitaire actuelle, les dirigeants allemands ont annoncé leur volonté de mener une campagne drastique de réduction des coûts, des investissements et des effectifs. Pour la première fois, il a été évoqué une réflexion sur l’éventualité d’une fermeture définitive du site ruthénois (1 200 salariés, NDLR) », indique notamment le syndicat Sud-Bosch. Une information confirmée par la CFE-CGC Aveyron. Selon cet autre syndicat, le PDG de Bosch France, Heiko Carrie, aurait officieusement fait état de la fermeture du site. Des informations que ne souhaite cependant pas commenter le groupe à ce jour.
Échec des projets de diversification
Sud-Bosch précise par ailleurs que la direction de Bosch ne souhaiterait plus attribuer de nouveaux projets industriels à l’usine aveyronnaise. Quant aux pistes de diversification du site, notamment en direction de l’aéronautique, ces dernières seraient au point mort. « Ces actions menées depuis plus de trois ans sont un échec avec seulement 40 emplois de créés sur les 300 promis », relève Sud-Bosch. « Le groupe suit une stratégie mortifère pour les usines françaises en appuyant son schéma industriel sur un choix clair : ses sites de production seront désormais en Allemagne, soit dans l’Est de l’Europe », appuie Jacques Douziech, président de la CFE-CGC de l’Aveyron. Le site Bosch de Rodez est spécialisé dans la production d’injecteurs et de bougies de préchauffage dédiés aux moteurs diesel. L’usine a généré un chiffre d’affaires de l’ordre de 280 M€ en 2018.
Passe d'armes entre Carole Delga et Chrisian Teyssèdre
Évoquant ce projet de fermeture dans une entretien accordé le 17 novembre à France Bleu Occitanie, le maire de Rodez et président de la communauté d'agglomération du Grand Rodez, Christian Teyssèdre ne se dit pas surpris par cette annonce : « Cela fait 15 ans qu’il y a une baisse continuelle de la production des injecteurs. Notamment depuis la construction d'une usine Bosch en Turquie. Ce qui se passe aujourd’hui s'inscrit donc dans la continuité du désengagement du groupe. ». L'élu ruthénois met par ailleurs en cause la Région Occitanie. « Elle ne nous a pas du tout suivis dans ce dossier. Selon Christian Teyssèdre, lors d'une réunion organisée en mars 2019 à Stuttgart, siège du groupe, l'action de Carole Delga aurait été contre-productive. « Ce jour-là, la présidente a botté en touche. Alors que si elle nous avait suivi, la position que nous avions de demander de faire d’autres investissements, dans d’autres filières que le diesel - le groupe Bosch fait de l’électroménager, le groupe Bosch fait des vélos -, nous aurions pu avoir une autre position par rapport à Bosch. Ce qui nous permettrait d’avancer serait de se mettre d’accord sur une stratégie. Mais, là, ce n’est pas fait. » Christian Teyssèdre pointe notamment le choix de la Région de privilégier une diversification de l'usine dans l'aéronautique. « Or, depuis 15 ans Bosch n’a jamais souhaité intégrer le pôle compétitivité aéronautique espace système embarqué. » Des déclarations contestées par Carole Delga. Selon elle, la réaction du maire de Rodez « n'est pas à la heuteur des enjeux (...) et ne respecte pas ce que nous nous efforçons de faire depuis plusieurs mois. » Et de rappeler que la Région « travaille depuis plusieurs mois et années pour envisager des pistes de diversification, mettre en place une stratégie et trouver des solutions concrètes. » Carole Delga confirme par ailleurs avoir « créé des échanges entre les directions de Bosch et Airbus en envisageant les investissements nécessaires à la transition vers l'aéronautique », avant de préciser que « les investisseurs n'ont pas besoin de polémiques et de divisions. » Un tacle à peine dissimulé de Carole Delga, candidate PS à sa réélection l'an prochain, envers celui dont le nom circule comme possible candidat LREM à ces mêmes élections.










