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Hérault
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BTP
| 6/07/2012

Bâtiment : 1 000 emplois menacés dans l’Hérault en 2012

D’après Patrick Ceccotti, président de la FFB de l’Hérault, environ mille emplois sont menacés en 2012 dans le secteur du bâtiment dans l’Hérault, sur un total de 18 500 salariés (fin 2007, le bâtiment employait 21 000 salariés dans l’Hérault). « Il n’y a pas plus de défaillances, mais les entreprises de plus de 10 salariés commencent à être touchées. La filière est en pleine période de décrochage. » Les derniers chiffres (mai 2012) font état, dans le département, d’une baisse de 4,9 % du nombre de logements autorisés et de 35,3 % en matière de m2 de locaux autorisés.
« L’activité progresse de 4 % au 1er semestre mais chutera d’environ 6 % au 2ème semestre, confirme Bertrand Sablier, délégué général de la FFB, présent ce vendredi à Montpellier à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de la FFB 34. Ce qui veut dire une chute de 10 % en un semestre ! Au niveau national, nous prévoyons 35 000 pertes d’emplois - intérim, non- remplacements et licenciements. »
Patrick Ceccotti rappelle le poids du bâtiment : « 1 M€ de travaux confiés à une entreprise locale génèrent 10,5 emplois et rapportent 200 000 euros de recettes fiscales et sociales. »

Carnet de commandes, concurrence déloyale : « situation d’urgence »

Il évoque une « situation d’urgence. Lecarnet de commandes se réduit, avec une visibilité seulement jusqu’à la rentrée. On n’a jamais vu des carnets de commande aussi faibles. Et les trésoreries des entreprises sont exsangues : sous-activité, décalages de chantier, niveaux de prix aberrants, banques de plus en plus prudentes, marges basses voire négatives, qui nous plombent. Sans compter les retards de paiement, voire les impayés : nous sommes les cocus de la loi LME (sic). »
Le président de la FFB 34 explique le paradoxe du Grand Montpellier : beaucoup de grues, mais une situation tendue pour les entreprises. « Le niveau d’activité est certes important, mais ce dynamisme territorial attire des organisations étrangères de main-d’œuvre, que nous nous refusons à appeler entreprises. » Il parle de concurrence déloyale : « Perte de qualité de la construction, forte dégradation des conditions d’hygiène et de sécurité sur les chantiers, exploitation de ces personnels, corvéables à loisir, hébergements indécents, tout droits sortis d’un roman de Zola, tricheries inacceptables (horaires, travail à la tâche déguisé, charges et taxes versées au rabais dans le pays d’origine)… Ça se généralise, s’amplifie et s’organise. »

Conventions, contrôles : la contre-attaque

La FFB, en lien avec les services de l’Etat (Direccte) et la préfecture, contre-attaque : signatures de conventions de bonnes pratiques avec les principaux donneurs d’ordre publics, dont Montpellier Agglomération et Thau agglo. Le conseil général de l’Hérault suivra en septembre. Des négociations sont en cours avec la Serm (aménageur de la Ville et de l’Agglomération de Montpellier) pour que celle-ci intègre dans ses critères de sélection des promoteurs le recours à la main-d’œuvre locale. Enfin, « dix chantiers potentiellement suspects, identifiés par notre cellule de surveillance, vont être contrôlés par les agents de la Direccte. »

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