Baromètre économique, santé des dirigeants, événements : rentrée offensive pour le Medef Hérault Montpellier
A l’attaque. C’est, en résumé, l’esprit de la conférence de presse qu’a donné ce jeudi matin à Montpellier Samuel Hervé, président du Medef Hérault Montpellier (800 adhérents, dont 79 % comptent moins de 20 salariés, 3 500 indirects via les branches professionnelles, représentant 50 000 salariés). Morceaux choisis.
Candidat à sa réélection. « Mon mandat, débuté début 2017, s’achève en juin. J’ai l’ambition de repartir pour un nouveau mandat, si le conseil d’administration me renouvelle sa confiance. » La durée de ce mandat pourrait être de trois ans.
Baromètre éco by Medef : les patrons prévoient peu d’embauches malgré leur confiance. Cette 1er édition a obtenu une centaine de réponses. 52 % des chefs d’entreprise estiment que leur activité a été en 2018 aussi bonne (supérieure ou égale) à 2017. 38 % ont davantage investi en 2018 qu’en 2017. Pour 41 % d’entre eux, les embauches ont été nulles en 2018, et les prévisions d’embauches pour le premier semestre sont quasi nulles : 48 % misent sur zéro embauche et 43 % entre un à quatre embauches. « Tout le monde rencontre des difficultés de recrutements », indique Samuel Hervé, citant en référence une étude récente sur les enjeux de l’employabilité (étude Elabe, elabe.fr/employabilite-cause-commune). Pourtant, la climat est plutôt à la confiance : 51 % sont confiants ou très confiants, 37 % inquiets, et 56 % affichent un moral bon ou très bon. Les relations sociales en entreprise sont qualifiées de bonnes par 60 % des dirigeants qui ont répondu. Mais il n’y a pas, ou très peu, de négociations collectives programmées en 2019 avec les salariés. « Les ordonnances travail permettent d’exercer du dialogue social, mais les chefs d’entreprises doivent s’approprier les enjeux de ces ordonnances, explique Samuel Hervé. C’est tout le travail de notre syndicat. L’aménagement du temps de travail, s’il est opéré de façon offensive, peut créer de la richesse. »
Une France suradministrée. En tête du Top 5 des préoccupations des chefs d’entreprises : les lourdeurs administratives (45 %). « On attend la réforme de l’Etat depuis deux ans. Les patrons de PME, eux, doivent s’occuper du développement commercial, du développement, des ressources humaines, de la production, et, en sus, de toute la lourdeur administrative. Il faut alléger la contrainte administrative pour que les entreprises se développent. » Suivent, au rang des préoccupations, le ralentissement de la croissance (43 %), les difficultés de recrutement (43 %), la compétitivité des entreprises (37 %) et l’évolution de la fiscalité (31 %). Dans la perception des réformes actuelles : réforme de la formation professionnelle (66 %), loi Pacte (48 %), réforme des retraites (37 %) et mise en place du prélèvement à la source (34 %).
Santé : les dirigeants héraultais se sentent moins bien qu’ailleurs en France. Dans une enquête portant sur la santé et la qualité de vie des dirigeants d’entreprise (panel de 42 chefs d’entreprise), réalisée par Malakoff Médéric, il ressort que les chefs d’entreprise de l’Hérault ont une perception de leur santé bien moins bonne que celle de l’ensemble des chefs d’entreprise : 72 % des interrogés sur l’Hérault la jugent bonne, au lieu de 85 % au niveau national. « Comment nos dirigeants vont pouvoir accompagner le développement de leur entreprise et leur santé personnelle ?, s’inquiète Samuel Hervé. Il n’y a pas de service de santé au travail pour les chefs d’entreprise. Il y a des observatoires, y compris en local (Amarok, qui a une démarche nationale et internationale, NDLR), mais des dizaines de milliers d’emplois sont en jeu si le dirigeant n’est pas au mieux de sa forme. Le Medef veut favoriser la démarche de prévention. Entre la Carsat et les services de l’Etat, il y a un millefeuille pour les salariés. Pour les dirigeants, c’est plus simple : il n’y a rien pour eux. »
Huit commissions au travail. Ces commissions portent sur l’éducation et la formation (responsable : Sandrine Bignoli), l’international (Augustin Valero), la RSE (Arturo Del Rio), événements et développement (Marie Francalanci), communication et réseaux sociaux, mandats (Jean-Marc Oluski), handicap et solidarité (Joël Fernandez) et Les Rencontres privées by Medef (Ophélie Laboury-Barthez).
Parmi les priorités de 2019 : « Anticiper les métiers de demain. C’est un enjeu de réflexion très fort. De nombreuses mutations arrivent, sociales, sociétales et technologiques. L’automatisation des tâches va toucher entre 22 % et 58 % des fonctions dans les entreprises. Celles qui n’anticipent pas ces paramètres disparaîtront », glisse Samuel Hervé. Un livre blanc sur les démarches RSE sera rédigé, après une série de visites dans des entreprises pratiquant les sept piliers de la RSE. « Il faut mieux formaliser les actions de la RSE », analyse Samuel Hervé. Il souhaite aussi un Medef présent sur les réseaux sociaux, « pour conquérir les dirigeants d’entreprises de moins de 35 ans. Si nous n’existons pas sur les médias numériques, nous n’existons pas du tout pour une certaine tranche d’âge de dirigeants. » L’un des projets phares de 2019 sera la création d’un annuaire des adhérents digitalisé.
Deux événements proches. Le 15 février, à Montpellier Business School (17h30), le Medef prendra part au grand débat national des forces économiques, organisé par la CCI 34 (président : André Deljarry). Le thème choisi porte la fiscalité et les dépenses publiques. Le Medef rappellera une proposition choc, formulée au niveau national : reprendre la main sur 70 % du versement transport, pour la mobilité de leurs propres salariés. « Les entreprises versent de l’argent, mais a-t-on le service en face ?, attaque Samuel Hervé. Dans la zone du Millénaire, il y a un peu d’entreprises, un peu de salariés (sur le ton de l’humour, NDLR), beaucoup de versements transport, et je ne vois pas trop de ligne de tramway. Je la cherche. »
Sur la fiscalité : « On ne peut plus continuer à mettre en place des fiscalités insoutenables. C’est une question d’attractivité économique. Montpellier ne pourra pas attirer de l’industrie avec une fiscalité très élevée. Quand on compare la fiscalité entre métropoles, et que l’on identifie les zones qui créent de l’emploi et des usines,, c’est là où la fiscalité territoriale est la plus basse. Ce que regardent les grands groupes, c’est le coût du foncier, la fiscalité des outils de production et les compétences présentes dans les territoires. »
Le 14 mars, au Palais des sports René Bougnol, le Medef Hérault Montpellier organise sa 7e Nuit des Entrepreneurs, à partir de 17h30, en présence de Patrick Martin, président délégué du Medef national. Thème : regards croisés sur l’entrepreneuriat. « Souvent, les entrepreneurs disent qu’ils ne sont pas aimés. On va inviter des gens avec qui on ne parle pas toujours (professeur, étudiant, responsable de centrale syndicale…), et ils s’exprimeront à travers une table ronde éclectique. Certes on crée de l’emploi, mais comment est-on vus par les autres parties de la société ? On cherche le regard d’autres personnes. »
Positionnement pro-européen. Alors que les élections européennes se déroulent le 26 mai, Samuel Hervé a pris un positionnement résolument pro-européen. « Les dirigeants politiques sont en partie responsables de la crise de l’Europe : quand ça va bien, c’est grâce à eux, et quand ça va mal, c’est de la faute de l’Europe. L’Europe, c’est un marché unique et un espace démocratique. Ailleurs sur la planète, il vaut parfois mieux être proche du pouvoir pour faire des affaires. Préservons cette possibilité de pouvoir faire des affaires sans devoir être inféodé à un pouvoir politique. Les partis populistes veulent détruire l’Europe de l’intérieur. J’y suis opposé. Je suis pour les partis de progrès dans l’Europe, qui est un vecteur d’avenir pour nos enfants et pour nos entreprises. »
Mariage avec Béziers : pas encore, mais quasi-inéluctable. Malgré l’incongruité de la situation (seul département d’Occitanie à compter deux Medef territoriaux, à Montpellier et Béziers), la fusion entre les Medef Montpellier et Béziers (président : Marc Aufort) n’est pas encore d’actualité.
« On initie des jeux d’équilibre, une commission des mandats commune doit se réunir, et les bureaux doivent apprendre à se connaître », avance, prudent, Samuel Hervé. « Si on se réunit, nous serions l’un des premiers Medef territoriaux en France, avec plus de 1 000 adhérents, ce qui est très rare. Je ne vois que des points positifs à nous réunir. Ensemble, on est plus forts et on va plus loin. »










