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Pyrénées-Orientales
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Agri - Agro
| 3/06/2011

Bactérie tueuse : la filière fruits et légumes des P.-O. redoute la psychose

Les organisations syndicales agricoles (FDSEA, JA) et la chambre d'agriculture des P.-O. mettent en place un groupe de travail d'urgence avec les services de l'Etat pour faire face à la psychose provoquée par la bactérie E. coli, improprement appelée "bactérie du concombre". La souche cette bactérie, qui a entraîné le décès de 17 personnes en Allemagne, a été identifiée hier, et le concombre espagnol incriminé mis hors de cause.
Analyses négatives
« Les services de l’Etat confirment que les analyses effectuées sur les fruits et légumes d'ici sont négatives concernant cette bactérie, affirme Michel Guallar, président de la Chambre d’agriculture des P.-O. à l’issue d’une conférence de presse organisée en fin de matinée. Nos productions sont indemnes de tout reproche sanitaire. Il faut que les consommateurs reprennent confiance suite au problème rencontré par le concombre, aujourd’hui malheureusement montré du doigt. » Le groupe de travail va conduire un certain nombre d’actions visant à atténuer l’effet domino du concombre sur les autres productions locales comme les tomates, elles aussi affectées. « Suite au désintéressement des consommateurs envers le concombre, nous allons nous appuyer à la fois sur les communications des services de l’Etat, au niveau local et national à destination du grand public, ainsi que sur les acteurs de la distribution », explique Michel Guallar, inquiet des conséquences sur l’emploi local.

Arrêt du marché

Autre axe : faire face à l’arrêt du marché. « La situation induite par la bactérie a stoppé le marché. Des pays comme la Russie et la Belgique ont fermé leurs frontières aux fruits et légumes, ce qui déstabilise globalement le marché. Les stocks de concombres atteignent 500 tonnes par semaine, alors que 10 à 20 % des volumes sont écoulés. Si le marché ne s’ouvre pas, il va falloir trouver des solutions pour écouler la marchandise produite ou alors détruire les stocks », poursuit-il.
Aides financières
Face à ce constat, la production ne pouvant pas être arrêtée, « il faut voir comment les exploitations pourront être accompagnées financièrement dans le cadre éventuel de la destruction des stocks ». Hermeline Malherbe, la présidente du conseil général des P.-O., qui a fait connaître par communiqué, « son soutien à la démarche qualité des producteurs » entend aussi que des aides soient apportées à la filière. « Depuis plus de dix ans, le conseil général travaille avec les professionnels agricoles et aide financièrement à la nécessaire traçabilité des produits… De plus, les agriculteurs roussillonnais sont très attentifs aux normes sanitaires et réclament depuis des années une harmonisation des réglementations sanitaires auprès des pouvoirs publics européens. Autant d'efforts qui convergent pour offrir aux consommateurs des produits sains et de qualité. »
Traçabilité
La plateforme de Fruits et Légumes Saint-Charles International, lieu de transit des productions maraîchères, s’implique depuis des années dans la traçabilité des productions. Elle s’est adossée des services d’un laboratoire indépendant chargé de la conformité sanitaire et chimique des produits en provenance d’Espagne, notamment. Michel Guallar est conscient que « l’impact de cette bactérie, dont on ne connaît toujours pas l’origine, donne une fausse image des productions de fruits et légumes. Certes, l’Espagne est bousculée à travers ce dossier, mais c’est anormal que certains profite de cette occasion pour accuser les pratiques agricoles ». Le gouvernement espagnol réclame un dédommagement pour le préjudice subit par son agriculture et va lancer une campagne de promotion des fruits et légumes pour retrouver la confiance des consommateurs.
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