Avant le congrès de l’USH, Altéal tire la sonnette d’alarme sur le logement social
Le bailleur Altéal (170 salariés, volume d’affaires : 140 M€) fête en 2023 les 60 ans de sa création à Colomiers (31). Un anniversaire qui intervient alors que les acteurs du logement social sont confrontés à une crise majeure, liée à l’inflation des coûts et des fonciers, mais aussi à la montée du taux du Livret A (4 %), leur principal outil de financement. « Nous nous interrogeons sur nos capacités à maintenir notre rythme de production et de rénovation de logements, confie à La Lettre M Philippe Trantoul, directeur général d’Altéal. Notre engagement de construire 2 000 logements dans les trois ans sera tenu, mais sans évolution de la politique gouvernementale, nous serons obligés de réduire les volumes à horizon 2026 ou 2027. »
Le spectre d’une « bombe sociale »
Altéal participe au congrès de l’Union sociale pour l’habitat (qui s’ouvre ce 3 octobre à Nantes), dont il appuie les demandes pour une TVA à 5,5 % sur le logement social ou la suspension du dispositif de réduction loyer solidarité, qui coûte deux milliards par an au mouvement HLM. « Nous attendons aussi de l’État qu’il mette à disposition des fonciers à des prix cohérents avec les moyens des bailleurs, poursuit Philippe Trantoul. La chute de l’offre crée une bombe sociale : rien qu’en Haute-Garonne, on compte 42 000 demandes de logements sociaux. »
En attendant un éventuel geste du Gouvernement, Altéal reste engagé sur l’amélioration de son parc - 14 000 logements dans cinq départements d’Occitanie - avec une campagne de rénovation des bâtiments construits avant 1985 qui devrait s’achever d’ici à 2027. Le bailleur a aussi modifié ses statuts cette année, pour devenir société à mission, « en cohérence avec nos engagements RSE sur le territoire », résume Philippe Trantoul.











