Languedoc-Roussillon
Education - Formation
Assises de l'enseignement supérieur : « simplifier le système »
Lundi 26 s’ouvrent à Paris les Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche, jusqu’au lendemain midi. L’enjeu est d’importance, puisque les conclusions de ces Assises doivent servir de base à la future loi sur l’enseignement et la recherche que la ministre Geneviève Fioraso appelle de ses vœux. Et pour Joël Bockaert, enseignant-chercheur à Montpellier 1 et rapporteur des assises territoriales qui, comme dans toutes les régions de France, se sont tenues en L.-R. depuis l'été, l’enjeu majeur est la simplification. « Le système est totalement illisible, même pour ceux qui y participe, a-t-il souligné d’emblée lors d’une conférence de presse, ce matin, mercredi 21 novembre, en préfecture. Il y a de la dispersion, à la fois dans le nombre de structures mais aussi dans la lourdeur administrative que doivent subir enseignants et chercheurs. Je dis toujours que sur 2 € dépensés, il y a au moins 50 centimes qui se perdent. La question est de savoir si le système est réversible. Si mardi midi, nous n’avons pas une résolution qui va dans ce sens, nous aurons un sentiment d’échec. »
800 M€ à trouver pour la recherche
Trop de structures d’évaluation de la recherche, trop d’entités universitaires, trop de laboratoires… Les conclusions des assises territoriales sont sans appel : tout doit être repenser pour permettre de récupérer des fonds d’autant plus essentiels que les budgets sont serrés. « Nous avons besoin au bas mot de 800M€ pour recapitaliser notre recherche au niveau national, ajoute-t-il. Sans cet argent nous serons incapable de continuer à rivaliser avec la concurrence internationale. »
Par ailleurs, la consultation régionale a permis de mettre en avant des problèmes d’orientation des néo-étudiants : beaucoup se retrouvent inscrits à l’université par dépit ou mauvaise orientation. Une mauvaise gestion hors de prix : chaque étudiant coûte entre 10 et 15 000€ à la collectivité, pour un taux de réussite en licence qui dépasse à peine 30 %. « C’est un gâchis énorme, a insisté Joël Bockaert. Il faudrait orienter beaucoup plus les élèves en fonction de leurs compétences et non pas en fonction de leur droit à entrer à l’université. Nous prônons la mise en place d’une forme de sélection, comme des entretiens, afin de mieux orienter et mieux impliquer nos étudiants. Cela a été mis en place dans certaines filières, comme en STAPS, et les taux de réussite ont beaucoup augmenté. »
Une délégation de 11 personnes
Ces constats ne sont pas tout à fait neufs, et un air de déjà-entendu plane au-dessus des préconisations du rapport régional : « C’est sûr que tous ces éléments ont déjà été par le passé portés à la connaissance des autorités, note Joël Bockaert. On nous donne la parole, alors nous y croyons. Il faut rester optimiste. »
Une délégation de 11 personnes du L.-R., dont trois présidents d’université (Philippe Augé, Michel Robert et Patrice Lorente) se rendent à Paris lundi et mardi pour assister à ces Assises, qui doivent déterminer l'avenir de l'enseignement supérieur et de la recherche en France. Pour Joël Bockaert, si les rapports territoriaux vont tous dans le même sens, alors peut-être sera-t-il possible de faire bouger certaines lignes.










