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Région Occitanie
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Agri - Agro
| 21/05/2021

Appel à consommer local suite aux 2 Md€ de pertes du monde agricole

Alors que les terrasses des cafés et restaurants rouvrent, des voix s'élèvent pour appeler à consommer local. « Qu’ils soient professionnels ou particuliers, les acheteurs doivent privilégier la production locale », déclare l’élue municipale déléguée aux politiques alimentaires et agriculture urbaine Marie Massart, présidente du Min de Montpellier (CA de 150 M€ dont 50 % de produits locaux) et elle-même acheteuse publique au profit des 15 000 repas par jour en restauration collective pour la Ville de Montpellier (80 000 dans la métropole). Parmi les objectifs de l’équipe municipale de Montpellier, figure celui d'atteindre d’ici à fin 2026, 100 % des produits bio et/ou locaux dans les cantines scolaires. Pour Jean-Louis Chauzy, président du Ceser Occitanie, « après l’épisode de gel qu’a connu le monde agricole début avril, il s’agit d’exprimer notre solidarité à l’égard du premier secteur d’activité de la région, également premier employeur : l’agriculture/agroalimentaire. »

2 Md€ de pertes
Les semaines passant, les chiffres s’affinent et les pertes sont désormais estimées à 2 Md€ pour l’Occitanie (5 Md€ au niveau national). « Tous les départements et toutes les productions ont été touchés, résume Denis Carretier, président de la chambre d’agriculture régionale. Viticulture, arboriculture, maraîchage, grandes cultures… » Dans le département de l’Hérault, 40 000 des 80 000 hectares de vignes ont été gelés entre 80 et 100 %, rapporte Jérôme despey, président de la chambre d’agriculture du département. « L’arboriculture est aussi touchée entre 50 et 100 % - il n’y aura pas d’abricots héraultais cette année et très peu de cerises - avec aussi un gros impact sur la production de pommes à venir », poursuit-il. À ce titre, une première dotation de 585 k€ a été déléguée début mai pour soutenir les exploitations agricoles les plus fragiles touchées, annonce la préfecture de l'Hérault.

Lutte contre les fraudes
Solidarité donc, qui va de pair avec une évolution des mentalités des consommateurs en faveur du local. « Cet appel à consommer local a un coût, prévient Denis Carretier, peut-être qu’il faudra acheter un peu moins et y mettre le prix. Il faut que l’agriculteur puisse vivre de son métier. Que les consommateurs regardent bien les étiquettes et l’origine des produits. Nous avons alerté les préfectures pour que la lutte contre les fraudes soit au rendez-vous. » « Il ne faut pas confondre sud de la France et sud de l’Europe », résume Jean-Louis Chauzy. Aux mesures conjoncturelles, les représentants de la profession en appellent aussi à des changements structurels. « Il faut développer des partenariats entre producteurs et acheteurs afin de sécuriser les approvisionnements, poursuit Jérôme Despey. Le travail de la chambre d’agriculture est de former ses adhérents à cela ainsi qu’à la transition environnementale pour mieux répondre aux attentes sociétales. »

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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