Antix bientôt liquidé ?
Le tribunal de commerce de Nîmes pourrait prononcer la liquidation, le 17 mai prochain, du fabricant de meubles Antix, qui emploie 58 personnes à Gallargues. C’est ce que redoute le délégué du personnel, Abdelhakim Douidi. « Le dirigeant, Francis Pozas, a annoncé au tribunal qu’il avait un repreneur potentiel pour Antix », assure le représentant des salariés. « Nous avons demandé à les rencontrer. Sans succès. Nous pensons qu’ils n’existent pas ». Sollicité par La Lettre M, Francis Pozas n’a pas donné suite. L’entreprise, qui a demandé, ce mardi 3 mai, au tribunal de commerce, d'arrêter le plan de continuation dont elle bénéficiait depuis mars 2010, est toujours installée, aujourd’hui, dans un bâtiment industriel de 18 400 m2 sur la zone Pôle actif de Gallargues. Ce dernier a été vendu en février à la société Alter Ego (Saint-Jean-de-Védas), pour 8 M€, dont 2 M€ devaient revenir à la société. « Nous devons quitter les lieux le 31 mars », ajoute Abdelhakim Douidi, qui réclame aux pouvoirs publics l’organisation d’une table ronde. Les salariés sont soutenus dans leur action par les collectivités locales, notamment par la communauté de communes Rhôny-Vistre-Vidourle.
190 salariés en 2006
Le fabricant de meubles, qui a connu une lente descente aux enfers après avoir fait construire en 2006 ce bâtiment industriel, ne réalise plus aujourd’hui qu’un CA d’environ 5 M€ avec une cinquantaine de salariés, contre 25 M€ de CA et 190 salariés à l’époque de son installation dans ces vastes locaux. La vente du bâtiment, occupé en crédit-bail, devrait permettre à Antix de réaliser une plus-value de 2 M€. « En fait, une partie est conservée par l’administrateur judiciaire, pour payer les créanciers », affirme le délégué du personnel.
La nouvelle stratégie de l’entreprise, définie par ses dirigeants, Francis Pozas et Michel Lorre lors de la présentation de leur plan de continuation en 2010 : se focaliser sur la finition et la création des meubles, en s’appuyant sur des sous-traitants. Le plan d’entreprise porté par les dirigeants prévoyait une hausse du CA à 8 M€, dont 3,1 M€ à l’export, en 2011, et à 10,6 M€, dont 4,1 M€ à l’export, en 2012. « Nous réalisons à peine 100 K€ de CA par semaine, alors que nous devrions atteindre 150 K€ », déplorent les salariés, pessimistes sur l’avenir de l’entreprise.










