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Industrie
| 16/03/2012

Alès : un industriel américain veut relancer Tamaris Industries

Fleuron historique de l’industrie alésienne, la fonderie Tamaris Industries, lourdement déficitaire, va être cédée, pour un euro symbolique, par le groupe Delachaux à l’industriel américain Hugh Aiken. Un protocole d’accord a été signé, le 27 février, entre Delachaux et l’industriel, âgé de 67 ans, et actionnaire majoritaire de plusieurs fonderies en France, dont la Fonderie de Niederbronn, en Alsace, qu’il a repris en 2010. Sous réserve de l’accord des ministères de la Défense et des Finances –Tamaris Industries fabrique, entre autres, des pièces pour l’armée-, Hugh Aiken devrait acquérir l’usine, qui emploie 72 permanents, et 35 intérimaires. Selon Rémy Sauron, directeur général adjoint de Tamaris Industries, le repreneur potentiel prévoit d’injecter 7 M€ dans l’usine, « pour la remise en conformité aux normes de sécurité et environnementales, et pour acquérir des outils d’usinage. 75 % des pièces que nous fournissons sont des pièces brutes, qui sont usinées à l’extérieur. Une fois cet investissement réalisé, nous pourrons livrer des produits finis ». Une trentaine d’embauches pourrait être réalisées d’ici un an. Le repreneur ambitionne de tripler le CA dans les cinq ans, en passant de 10 M€ en 2011 à 30 M€ en 2016, et de doubler l’effectif, pour le porter à 200 personnes.

Retour sur le marché de l’énergie
Tamaris Industries réalise des pièces pour quatre marchés principaux : la sidérurgie, l’automobile, la construction navale et les machines-outils. « Le repreneur souhaite conquérir des marchés sur le marché de l’énergie, que nous avons totalement perdu depuis 2008 », annonce Rémy Sauron. L’usine pourrait notamment fabriquer des pièces d’éoliennes. Repris en 1997 par le groupe Delachaux, après deux dépôts de bilan successifs, Tamaris Industries a été régulièrement remise à flot par son actionnaire principal, qui a augmenté le capital à plusieurs reprises pour couvrir les pertes. L’accord passé avec Hugh Aiken stipule que le capital sera porté à 4 M€ (au lieu de 315 K€) avant la cession, pour éponger le déficit.
Entre 2008 et 2001, le chiffre d’affaires a plongé de 20 M€ à 10 M€, et l’effectif a fondu de 124 CDI et 63 intérimaires à 72 CDI et 35 intérimaires aujourd’hui. « Nous n’étions pas une filiale stratégique pour le groupe Delachaux », glisse le DG adjoint, pour expliquer l’absence d’investissement majeur ces dernières années dans l’usine, qui s’étend sur 8 ha, et 36 000 m2 de bâtiments. L’industriel américain fait aujourd’hui figure de sauveur pour l’usine alésienne, fondée en 1829.
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