AG des Travaux publics : le casse-tête budgétaire des collectivités
« La masse salariale des collectivités locales croît en France dans des proportions déraisonnables, a souligné Dominique Reynié, professeur à Sciences Po Paris et DG de la Fondation pour l’Innovation Politique. Ces coûts se lovent dans le statut de la fonction publique territoriale. La seule marge, pour les exécutifs, c’est le non remplacement des départs à la retraite, et d’économiser sur les investissements. Il y a une contradiction insoluble : comment peut-on demander aux collectivités de faire des économies, de ne pas toucher à l’investissement, sans qu’elles puissent réduire leurs masses salariales de façon significative ? »
Le tacle du préfet de l’Hérault
« A la préfecture, nous avons 50 emplois en moins en 5 ans, soit 10 % d’effectifs supprimés, a ajouté Pierre de Bousquet, préfet de l’Hérault. C’est énorme, sachant qu’on nous demande le même niveau de qualité de service. Les collectivités vont devoir suivre ce mouvement, et aussi appliquer la loi. Le jour du maire par ci, le non-respect des 35 h par là... tout ça, c’est fini. »
« Parce que les collectivités ne jouent pas sur leur fonctionnement, c’est les entreprises qui vont devoir jouer sur leurs effectifs (cf. ci-contre). C’est une injustice morale. On ne peut pas tout le temps arbitrer au bénéfice des statuts les plus protégés », a asséné Dominique Reynié.
Parmi les solutions : « la mutualisation des dépenses. On commence à le faire, c’est bien. Il faut le faire beaucoup plus ; et booster des investissements producteurs de recettes, d’activités. Il y a les routes, les transports, les systèmes de communication. Le big Data, la fibre optique, les flux de données, échanges sans déplacement de personnes avec des outils de très haut niveau..., représentent l’économie de connaissance. C’est l’un des grands leviers de la croissance d’aujourd’hui, avec des perspectives très encourageantes, que l’on voit déjà à l’oeuvre aux Etats-Unis ou en Israël. »
Saurel et Lachaud bottent en touche
Philippe Saurel et Yvan Lachaud, présidents d’agglomération de Montpellier et Nîmes, ont soigneusement évité de répondre sur la question des réductions des effectifs. Philippe Saurel a rappelé qu’il ne pourrait financer la ligne 5 de tramway, « sauf à augmenter les impôts », alors qu’il s’est engagé à ne pas le faire pendant sa mandature.
Yvan Lachaud se dit « plombé par le budget transports, à savoir 17 M€ par an. Dans ce cadre, investir 250 M€ dans une ligne de tramway, je ne peux pas. » Nîmes Métropole projette « entre 300 à 350 M€ d’investissement sur le mandat. Mais il n’y a pas que les infrastructures. Il faut aider les entreprises, amener la fibre optique, trouver des terrains... »










