Aéroport de Montpellier : Emmanuel Brehmer dévoile la stratégie devant le Cobaty
Croître ou disparaître du prisme des aéroports nationaux : Emmanuel Brehmer, président du directoire d'aéroport Montpellier Méditerranée, a insisté lundi soir, lors d'un dîner-débat du Cobaty Montpellier (président : Jean-Jacques Larguier) sur la nécessité d'investir rapidement sur la plateforme héraultaise (1,5 M passagers / an), au risque de disparaître entre les mastodontes marseillais et toulousains. Ces deux derniers sont en effet engagés dans des investissements massifs (162 M€ pour Toulouse-Blagnac et 200 M€ pour Marseille-Provence) d'ici à 2020. À Montpellier, les collectivités actionnaires sont sollicitées à hauteur de 23 M€, notamment pour étendre l'aérogare à l'horizon 2019, en vue de gagner 1 million de passagers d'ici à 2020.
S'il « ne veut pas tuer les aéroports de Béziers et Nîmes, contrairement à ce qu'ont pu écrire les médias (sic) », Emmanuel Brehmer rappelle la volatilité des compagnies aériennes, Ryanair en tête (déplacement récent de la base de Gerone vers Barcelone), et la menace que celles-ci se délocalisent à Toulouse ou Marseille, si le ciel languedocien n'est pas davantage lisible, entre Béziers, Montpellier et Nîmes. « On est la région la plus compliquée de France. Il faut que l'on discute avec Nîmes et Béziers, au risque que Ryanair délocalise tout à Marseille. Et pour le coup, la fréquentation touristique du Pont-du-Gard ou du Cap-d'Agde s'en ressentira. Les Biterrois ou les Nîmois ne prennent pas l'avion à Béziers ou Nîmes. Il n'y a que des flux arrivants. On veut bien rebaptiser l'aéroport de Montpellier, et même modifier la composition du conseil d'administration ». Pour lui, trouver une solution avec Nîmes, qui présente trois lignes concurrentes avec Montpellier, « est le plus urgent ». D'après lui, le passager « coûte trop cher en ex-LR : 20 euros », soit trois fois plus que sur d'autres plateformes. La priorité sur le trafic domestique est Lille, et les grands hubs européens « ouvrant sur le monde » au niveau européen.
La zone de fret de la plateforme de l'aéroport (480 ha, foncier d'Etat) doit accueillir des projets logistiques sur 28 ha, avec un potentiel de 110.000 m2, dont l'entrepôt de Thalium, en phase finale de commercialisation. Emmanuel Brehmer regrette, sur les autres parcelles, le fait que les projets soient retardés par la présence d'une espèce protégée, l'outarde. « La DDTM de l'Hérault nous demande des mesures de compensation compliquées et coûteuses », a-t-il déclaré.
La privatisation partielle de l'aéroport, comme Toulouse l'a connu avec un consortium chinois, n'est « pas d'actualité » à Montpellier et ne « serait pas une bonne chose » d'après lui. « A court terme, ça fait rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat. Mais sur 25 ou 50 ans, je suis convaincu que ce n'est pas une bonne chose pour les finances de l'Etat. De plus, les lignes continueront d'être soutenues par les collectivités, sauf si Bruxelles tape du poing sur la table. »
Investissements prévus : 3 M€ dans l'optimisation de l'aérogare et des parkings voitures en 2017, 11 M€ dans l'extension de l'aérogare en 2018-2019, 3,5 M€ dans les installations techniques, 4,4 M€ dans le matériel d'exploitation, 4,7 M€ dans les voiries, réseaux et routes d'accès, 6,3 M€ dans les pistes, taxiways et parkings avions. L'extension de l'aérogare prévoit 4.000 m2 dédiés aux installations passagers et 1.400 m2 dédiés à la manutention bagages.
La Lettre M est partenaire du Cobaty Montpellier Méditerranée.










