5e vague de Covid : la filière événementielle au pied du mur
C’est comme une avalanche. Les annulations ont démarré dès le 25 novembre, lorsque la ministre du travail Élisabeth Borne a déconseillé les moments de convivialité en entreprise et « cela continue aujourd’hui. Nous n’avons plus aucune visibilité sur les mois à venir », déplore le traiteur Patrice Falcou, trésorier adjoint de la CCI de Haute-Garonne. En cause, la cinquième vague de la Covid et le spectre du nouveau variant Omicron. « Alors que le gouvernement n’a encore donné aucune consigne, ni fixé aucune jauge, le principe de précaution fait déjà loi », résume à La Lettre M le Montpelliérain Grégory Blanvillain, président de l’association Repère Méditerranée représentant les professionnels de la filière événementielle.
Lui-même organisateur avec sa société Com’Events, Grégory Blanvillain a dernièrement appris de l'un de ses clients, la fédération de la promotion immobilière Occitanie Méditerranée, le report de ses traditionnels vœux qui devaient rassembler 600 personnes mardi prochain. Du côté de la préfecture de l'Hérault, après le report du festival I love techno qui attendait 9 000 personnes au parc des expositions de Montpellier le 11 décembre, le préfet Hugues Moutouh se déclare « très préoccupé par rapport aux dernières remontées des professionnels de l’évènementiel et des traiteurs ».
Six prochains mois difficiles
Au-delà de ces annulations successives qui mettent « un grand coup au moral, aussi bien pour les dirigeants de ces entreprises d’événementiel que pour leurs salariés », Grégory Blanvillain anticipe six prochains mois difficiles. « C’est le temps qu’il va falloir aux grands groupes pour reprendre des décisions, explique-t-il. Avant mai-juin, j’ai bien peur qu’il ne se passe rien. » Et le dirigeant, également président de la CPME Hérault et vice-président de la CCI 34 chargé de l’événementiel, d’appeler à « une réactivation du fonds de solidarité ainsi que des mesures en faveur de l’activité partielle ».
Mêmes demandes côté Toulouse : « Les professionnels du secteur ont déjà constaté une perte de chiffre d’affaires de 35 à 50 % sur les mois de décembre et janvier », confie Jean-François Renac, dirigeant de la société d’événementiel Miharu et porte-parole du collectif SOS Events 31 (200 professionnels) à La Lettre M. Le collectif a fait passer une note à la ministre du Travail, par l’intermédiaire de la députée de Haute-Garonne Corinne Vignon, demandant que la déclaration préalable de chômage partiel soit à nouveau simplifiée. Grégory Blanvillain résume son entretien de ce matin avec la députée héraultaise En marche Coralie Dubost : « je pense que le gouvernement n’a pas du tout anticipé cette vague déclenchée par le principe de précaution. »
Pas de sur-réactions
Un peu à contre-courant pour l'heure, l’Agence attractivité Toulouse Métropole (AATM) - qui regroupe la Convention bureau et l’office de tourisme de Haute-Garonne - ne relève pour l'instant pas de « sur-réactions », estime Jean-Claude Dardelet, son président. « Il n’y a pas d’annulation de congrès à part quelques petits évènements qui devaient réunir 150 à 200 personnes, sans conséquence pour leurs organisateurs. Mais nous observons plutôt une réduction du nombre de visiteurs attendus en fonction des pays qui ferment leurs frontières », décrit le président qui rappelle que l’ensemble des acteurs du tourisme d’affaires et de loisirs respecte les consignes avec le port du masque en intérieur « mais sans jauge ».
Pas d’annulation non plus pour l’instant concernant le Festival des Lanternes qui vient de débuter à Blagnac au parc du Ritouret (au moins 400 000 visiteurs attendus). Événement phare de cette saison hivernale se déroulant en extérieur, le festival propose aussi un espace couvert dédié aux entreprises pour leurs fêtes de fin d'année ayant fait l'objet de nombreuses réservations, « maintenues pour le moment », selon AATM. Les sociétés attendent sans doute les prochaines recommandations gouvernementales lundi prochain pour trancher.










