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Aveyron
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Industrie
| 15/07/2021

L’avenir reste incertain pour le site Bosch de Rodez

Le comité de suivi* organisé le 13 juillet par Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie, relatif à l’avenir du site Bosch de Rodez n’a pas permis de lever les interrogations des salariés et des élus locaux. Premier sujet abordé, la diversification de l’usine. La direction de l’équipementier automobile allemand a présenté plusieurs pistes de réindustrialisation, dont le développement de l’activité de fabrication de buses d’injection pour moteurs de voiture ou la création d’un atelier de décolletage. Au total, Bosch prévoit d’investir 2 M€ dans ces deux projets, mais sans fixer de date de lancement effectif. Le groupe envisage aussi la création d’une activité autour de l’hydrogène avec la production de piles à combustible dédiées à la motorisation des camions frigorifiques. L’investissement lié à ce dernier projet pourrait s’élever à 30 M€, précise le ministère de l’Industrie.

« Le compte n'y est pas »

« Si la ministre a salué quelques avancées, des incertitudes demeurent sur le calendrier de déploiement de ces activités et leur montée en puissance. Et du travail reste à accomplir par le groupe sur son projet industriel global », préviennent cependant les services de Bercy. Autre point de crispation, l’évolution de l’emploi. Bosch qui prévoit de licencier 750 des 1 250 salariés du site aveyronnais d’ici à 2025 doit encore clarifier les modalités de son plan de réduction de l’emploi. « De nombreuses interrogations persistent et un constat général se dégage : le compte n’y est pas sur la garantie d’absence de départ contraint et de licenciement sec, indiquent les conseillers d’Agnès Pannier-Runacher. La date garantissant l’absence de départs contraints est fixée par Bosch à fin 2025 au lieu de 2027 comme le groupe s’y était pourtant engagé. Et aucune précision n’a été donnée sur le montant des indemnités de départ. C’est un point d’achoppement dans les discussions actuelles. » Présente lors de ce comité de suivi, la présidente de la Région Occitanie appelle aussi la direction du groupe à lever l’ambiguïté sur la possibilité de départs contraints avant 2027.

Clarifications

« Je suis très étonnée que la direction de Bosch puisse revenir sur l'engagement pris de ne pas effectuer de licenciements secs d'ici 2027. Cette condition est essentielle et est un préalable nécessaire pour mener à bien les négociations. On ne peut pas bâtir un projet de confiance si on change les règles en cours de route », déplore Carole Delga. Concernant les projets de diversification du site aveyronnais, l’élue régionale a demandé à Heiko Carrie, dirigeant de Bosch France, de présenter « le plus rapidement possible » un projet industriel clair. « Des solutions existent. Bosch doit enclencher la transition industrielle de l'usine vers l'hydrogène et la production de batteries , en menant un travail partenarial avec d’autres industriels. »
*Le comité de suivi a réuni, en visioconférence, la direction du groupe, les représentants des salariés et les élus locaux.

David Danielzik/danielzik@lalettrem.net
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