Bosch Rodez : État, élus et salariés appellent les dirigeants à prendre leurs responsabilités
« Aujourd’hui, le compte n’y est pas. Le projet proposé n’est pas suffisamment crédible. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de l’engagement de maintenir 500 emplois. La direction ne propose pas de véritable projet industriel pour les emplois restants. Je souhaite que Bosch prenne ses responsabilités », commente Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie à l’issue d’une réunion de travail organisée le 19 mars à Rodez sur l’avenir du site Bosch en présence d’élus et de représentants du personnel. Un rendez-vous fixé suite à l’annonce de la direction, début mars, de supprimer 750 emplois sur les 1 250 que compte actuellement le site industriel aveyronnais de l’équipementier automobile allemand.
Diversification dans l'hydrogène
Selon la ministre, la direction de Bosch France a évoqué plusieurs pistes de diversification. Le site de Rodez pourrait ainsi, selon Heiko Carrié son PDG, devenir l’usine pilote du groupe en charge de l’industrialisation de procédés hydrogène innovants dédiés aux transports frigorifiques. Autres pistes évoquées, l’implantation d’un incubateur pour l’accueil d’autres entreprises industrielles ou le rapatriement en Aveyron d’activités actuellement réalisées dans d’autres sites. La représentante du gouvernement a demandé aux dirigeants du groupe des engagements écrits concernant ces pistes de diversification du site et un calendrier précis de leur mise en œuvre. Des annonces loin de satisfaire les salariés. « La direction n’a fait aucune proposition concrète. Nous n’avons aucun engagement concret sur les projets du groupe liés à cette diversification. Cette réunion n’a rien donné », déplore Stéphane Puech, secrétaire général de la CGT Bosch Rodez.
Pérennisation du site
Même constat du côté des élus. « La direction doit présenter un projet industriel fort pour la pérennisation du site et redonner une vision claire aux salariés sur les activités nouvelles, les échéances et les investissements qui seront réalisés. Il en va de sa responsabilité de continuer à investir dans cette usine », commente Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Concernant la diversification de l’activité du site, l’élue régionale entend « mener un travail partenarial avec d'autres industriels, notamment dans le secteur de l'hydrogène, où la Région Occitanie a un temps d'avance. À cet égard, j'entends les propositions de Bosch de faire du site d'Onet-le-Château “l'usine mère“ du produit dédié aux transports froids, mais encore faut-il qu'elle soit dotée d'une capacité de recherche et de développement. » « Nous voulons des propositions écrites et un engagement clair du groupe », souligne pour sa part le maire de Rodez, Christian Teyssèdre. Agnès Pannier-Runacher devrait revenir à Rodez dans trois mois pour suivre les avancées de ce dossier.
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