La 3e ligne de métro trop chère pour Toulouse ?
Financement du projet, délais de réalisation, fréquentation de la ligne… Dans son rapport annuel dévoilé le 6 février, la Cour des Comptes consacre un chapitre aux transports toulousains, intitulé “ Le pari d’une 3e ligne de métro“. Un document qui pointe les faiblesses de ce projet ainsi que les « incertitudes » liées au Plan Mobilités 2020–2025–2030. Concernant ce dernier projet - « ambitieux dans son principe » - dont le coût est estimé à 3,864 Md€, les magistrats listent les conditions de sa mise en œuvre. « La principale tient à la capacité du projet à orienter vers les transports en commun une part suffisante des 500 000 nouveaux déplacements quotidiens à l’horizon 2030, alors que la 3e ligne de métro aura la capacité d’absorber 200 000 nouveaux déplacements », souligne le rapport. Ce dernier évoque par ailleurs « l’insuffisante coordination à l’échelle urbaine de l’offre ferroviaire : à de rares exceptions près, la Région et la Métropole n’ont pas su dynamiser la desserte ferroviaire de Toulouse et sa grande banlieue, ce qui pénalise les déplacements domicile–travail en deuxième couronne ». Le coût du projet Mobilités serait quant à lui encore loin d’être stabilisé. « La prospective financière établie par Tisséo Collectivités (syndicat mixte des transports en commun - SMTC - de Toulouse Métropole, NDLR) en juin 2017 reste à confirmer », notamment au niveau des recettes commerciales attendues par l’opérateur à l’horizon 2030 où 296 M de passagers sont attendus (contre 183 M en 2016). « Demeure enfin un aléa fort » relatif au coût final de la troisième ligne de métro, dont l’estimation, déjà réévaluée à 2,33 Md€ en 2017 et à 2,7 Md€ en début d'année, n’a pu être finalisée, « faute d’achèvement des études techniques préalables ». La Cour déplore également un manque d’anticipation des coûts induits d’aménagement avant la mise en œuvre « d’un projet dont la réalisation contraindra les équilibres financiers des collectivités membres de Tisséo Collectivités pendant les 25 prochaines années ». Une opération que les magistrats ne voient pas aboutir avant 2027, et non en 2025 comme annoncé par les dirigeants du SMTC.










