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Haute-Garonne
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Numérique
| 14/06/2023

Un an après sa reprise par UnaBiz, Sigfox veut avancer « pas à pas »

Patrick Cason, ex-DG France de Sigfox, est désormais DG Europe du Sud d'UnaBiz.
© UnaBiz

Un peu plus d’un an après la reprise de la société haut-garonnaise Sigfox par UnaBiz à la barre du tribunal de commerce de Toulouse, Patrick Cason, DG Europe du Sud du groupe singapourien, évoque en exclusivité pour La Lettre M sa feuille de route stratégique. L’occasion d’indiquer que le transfert du siège du groupe en région toulousaine est « toujours d’actualité », dans le cadre de « discussions en cours avec Bercy ». Mais aussi d’évoquer la réduction sensible des dépenses d'exploitation et l'ouverture de la librairie logicielle de Sigfox. Avec une « nouvelle posture » adoptée par le groupe, qui entend remettre « le client au centre » en ne misant plus sur une technologie unique, mais en adaptant sa solution aux besoins.

Un peu plus d’un an après sa reprise, où en est Sigfox ?
Depuis la reprise, il s’est passé beaucoup de choses. Tout d’abord, Sigfox, au sein d’UnaBiz, a adopté une nouvelle posture, en devenant un fournisseur mondial de services IoT pour les entreprises. Nous mettons le client au centre. Il ne s’agit pas de proposer de la technologie, mais de comprendre les besoins du client afin de définir une réponse adaptée. Sigfox est l’une des technologies que nous mettons à disposition, mais en fonction de besoins exprimés, nous pouvons en proposer d’autres. Par ailleurs, depuis un an, nous avons réduit l’opex (dépenses d’exploitation, NDLR) de l’ex-Sigfox de plus de 60 %, en passant de 54 à 20 M€. Pour cela, nous sommes parvenus à réduire les coûts de location de nos points hauts (où sont implantées les antennes, NDLR), ainsi que les coûts de traitement des messages OG. En parallèle, nous avons intégré à notre offre de nouvelles technologies. Et nos clients nous sont restés fidèles. 

Quels sont désormais les effectifs du groupe, notamment à Labège (31), siège social de Sigfox avant sa reprise ? 
Au global, UnaBiz compte plus de 200 personnes. Il y en a environ 70 à Taiwan et une trentaine à Singapour. Mais l’essentiel de l'effectif - soit une centaine de salariés – est rassemblé à Labège.

Quel chiffre d’affaires visez-vous pour cette première année pleine après l’intégration de Sigfox ? 
Sur ces sujets, nous essayons désormais de rester discrets. Nous voulons dire ce que nous faisons et faire ce que nous disons. 

Aujourd’hui, vous le dites, Sigfox se fait « discrète », tandis qu’il y a quelques années, on la présentait comme une future licorne, on parlait de levées de fonds massives, d’introduction en bourse... Estimez-vous que les déboires rencontrés par la société avant sa reprise ont été – au moins en partie – liés à une forme de surcommunication ?  
Il m’est difficile de répondre à cette question. Oui, il y a eu certaines choses que nous avons faites et que nous ferions différemment aujourd’hui… Nous aurions dû peut-être nous dire que « pour vivre heureux, vivons cachés », en restant sous les radars, en ne surcommuniquant pas sur les levées de fonds… Car cela attire des personnes qui ne sont pas forcément les bons profils... Par ailleurs, nous nous sommes trompés sur les milliards d’objets connectés qui devaient arriver sur le marché et qui ne sont pas arrivés. Donc aujourd’hui, je dis : restons plus prudents et discrets. Avançons pas à pas. 

Qu'en est-il de la rentabilité du groupe ? L’atteindre dans les quatre ans après la reprise de Sigfox, comme évoqué dans nos colonnes mi-2022, est-il toujours d’actualité ?
Nous restons sur cette perspective. En ce qui concerne l’Europe du Sud, nous avons déjà atteint le break even (seuil de rentabilité, NDLR) en Espagne et au Portugal. Nous n’en sommes pas loin en France ; ça devraitse faire dans les 18 à 24 prochains mois. 

UnaBiz a clôturé en fin d’année dernière une série B à plus de 50 M$.  Quel est l’objectif de ce tour de table ?
Ces fonds seront principalement mobilisés pour notre R&D, en vue d’améliorer la capacité de notre technologie, notamment en termes de consommation énergétique. L’objectif, une fois de plus, est d’investir sur les points forts de Sigfox et de nous ouvrir aux autres technologies. 

Où en est votre projet de rapatrier le siège social d’UnaBiz – actuellement basé à Singapour - en France, et potentiellement dans la région toulousaine ? 
Ce projet est toujours d’actualité. Nous sommes en discussion avec Bercy à ce sujet et les choses avancent, il y a des échanges. Henri Bong, notre PDG, faisait d’ailleurs partie de la délégation qui s’est rendue en Chine (en avril dernier, NDLR) avec Emmanuel Macron. Tout cela va dans le bon sens. L’objectif est de déménager le siège en France. Et en effet, compte tenu de l’importance de nos effectifs à Labège, où est déjà implanté le siège d’UnaBiz SAS, qui a repris les actifs de Sigfox, il y a une forte probabilité pour que ça soit là-bas. 

Vous avez récemment ouvert votre librairie logicielle. Pourquoi ce choix ? 
Nous avons en effet choisi d’ouvrir la librairie logicielle Sigfox à tout le monde, sans limite. Cela permet à tous ceux qui développent des objets connectés, à tous les acteurs de l’écosystème, de faire ce qu’ils souhaitent, d’être en mesure d’intégrer plusieurs technologies à leurs modules. Avec un double objectif d’évangélisation mais aussi de réalisation d’économies d’échelle. Et en parallèle, nous mettons l’accent sur les points forts de Sigfox : les très bas coûts et la très basse consommation. 

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@alettrem.net
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